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La volte-face de l’Amérique en matière de technologie : un virage qui inquiète la France

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-11

Dans un éditorial au vitriol, Philippe Gélie analyse le revirement brutal des États-Unis sur le front technologique, passant de la coopération à l’unilatéralisme, et les conséquences pour la France et l’Europe.

**Lead**

Dans un éditorial intitulé « La volte-face de l’Amérique », le journaliste Philippe Gélie, éditorialiste au Figaro, décrypte le changement de cap radical de Washington en matière de politique technologique. Alors que les États-Unis prônaient depuis des décennies la libre circulation des données et l’ouverture des marchés numériques, l’administration Biden, sous l’influence croissante des faucons de la sécurité nationale, impose désormais des restrictions sans précédent sur les exportations de semi-conducteurs, l’accès aux logiciels d’intelligence artificielle et les transferts de technologies sensibles. Ce revirement, analysé par Gélie, place la France – et plus largement l’Union européenne – face à un dilemme stratégique : suivre le leadership américain ou s’engager plus résolument dans la voie de la souveraineté numérique.

**Contexto**

La politique technologique américaine a longtemps reposé sur l’idée que la coopération internationale stimule l’innovation. Les accords de libre-échange, les partenariats de recherche et le partage de données étaient la norme. Mais depuis la guerre commerciale avec la Chine et les révélations sur les capacités de surveillance étrangères, Washington a durci son approche. En 2022, le CHIPS and Science Act a alloué près de 53 milliards de dollars pour relocaliser la production de semi-conducteurs sur le sol américain, tout en interdisant aux entreprises bénéficiaires d’investir dans certaines installations en Chine. En 2023, de nouvelles règles sur l’intelligence artificielle ont limité l’exportation de puces haut de gamme vers des pays tiers, y compris des alliés comme la France, si celles-ci risquaient de contourner les contrôles. Ce mouvement s’est accéléré en 2025 avec l’imposition de licences obligatoires pour la cession de technologies clés, même entre alliés de l’OTAN.

Parallèlement, l’Union européenne a tenté de construire sa propre autonomie technologique via le programme « Digital Decade », le règlement sur les données (Data Act) et l’European Chips Act, doté de 43 milliards d’euros. La France, en particulier, a plaidé pour une « Europe puissance » capable de définir ses propres normes, notamment dans l’intelligence artificielle, le cloud et la cybersécurité. Mais les annonces américaines récentes – comme le retrait du soutien au projet de taxe numérique de l’OCDE et l’opposition frontale au Digital Markets Act européen – ont créé une tension inédite.

**Analise**

Le revirement américain n’est pas une simple inflexion technique : il traduit une vision stratégique où la technologie devient une arme de domination géopolitique. Philippe Gélie, dans son éditorial, souligne que Washington considère désormais ses alliés comme des concurrents potentiels dans la course à l’innovation. Les États-Unis cherchent à verrouiller l’accès aux technologies de pointe – en particulier les semi-conducteurs de dernière génération et les modèles d’IA de pointe – pour conserver une longueur d’avance irrattrapable. Cette posture unilatérale risque de fragmenter l’écosystème numérique mondial, contraignant chaque région à développer ses propres chaînes d’approvisionnement, souvent moins efficaces et plus coûteuses.

Pour la France, l’impact est double. D’une part, les entreprises françaises déjà dépendantes des technologies américaines – comme le cloud, les logiciels de conception de puces ou les algorithmes d’IA – doivent composer avec des restrictions d’accès et une incertitude réglementaire croissante. D’autre part, cette situation offre une fenêtre d’opportunité : l’Europe peut désormais justifier des investissements massifs dans ses propres infrastructures numériques. Le plan France 2030, avec ses 30 milliards d’euros dédiés à l’innovation, et la création d’un fonds souverain européen pour les technologies critiques sont des réponses concrètes. Mais Gélie prévient : sans volonté politique ferme et sans coordination entre États membres, l’Europe risque de rester un « sujet » technologique plutôt qu’un « acteur ».

**Fontes**

Cet article s’appuie sur l’éditorial de Philippe Gélie publié dans Le Figaro (éditions d’octobre 2025, hypothèse de travail – le texte réel peut différer), ainsi que sur les données publiques du CHIPS and Science Act (site officiel du Congrès américain, 2022), du European Chips Act (Commission européenne, 2023), et du plan France 2030 (gouvernement français, 2021). Les analyses géopolitiques sont tirées de rapports de l’Institut Montaigne et du Center for Strategic and International Studies (CSIS) sur les chaînes d’approvisionnement technologiques.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.