**Lead**
Laurence Ferrari, animatrice emblématique de CNews et ancienne présentatrice du JT de TF1, a rallié ce mercredi plusieurs dizaines de personnalités de l’antenne pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’« agressions inacceptables » contre les médias Europe 1 et CNews. Dans un texte commun diffusé en début de soirée, les signataires — journalistes, chroniqueurs et producteurs — apportent leur « plein soutien » aux deux rédactions, cibles récurrentes de critiques et de pressions politiques et judiciaires. Cette mobilisation intervient alors que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de prononcer une nouvelle mise en demeure à l’encontre de CNews pour manquement à l’obligation d’honnêteté et de rigueur dans le traitement de l’information.
**Context**
Europe 1 et CNews, propriétés du groupe Vivendi (contrôlé par la famille Bolloré), sont régulièrement pointées du doigt par des associations de défense des droits, des syndicats de journalistes et certains partis politiques pour une ligne éditoriale jugée trop orientée à droite. Depuis plusieurs mois, les deux médias font l’objet de plaintes pour « incitation à la haine » ou « diffusion de fausses informations », déposées par des organisations comme Reporters sans frontières ou la Ligue des droits de l’homme. En juin dernier, le CSA avait déjà sanctionné CNews d’une amende symbolique pour un débat controversé sur l’immigration. Les critiques se sont intensifiées après la diffusion, en septembre, d’un documentaire sur l’islamisme qui a suscité des polémiques jusqu’au Parlement européen.
Laurence Ferrari, qui anime chaque soir « Punchline » sur CNews et une émission quotidienne sur Europe 1, n’est pas étrangère à ces tensions. Elle a elle-même été visée par des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux, certains internautes l’accusant de « faire le jeu de l’extrême droite ». Dans une tribune publiée par Le Figaro, elle avait déjà dénoncé une « tentation censoriale » qui menace selon elle le pluralisme des médias français. Le texte de soutien, co-signé par des figures comme Pascal Praud, Sonia Mabrouk ou Éric Brunet, va plus loin : il appelle les pouvoirs publics à « garantir la liberté d’informer sans céder aux pressions des minorités agissantes ».
**Analyse**
Ce mouvement de soutien marque un tournant dans le débat sur la régulation des médias en France. Jusqu’ici, les critiques contre Europe 1 et CNews venaient surtout de la gauche et des associations de défense des libertés. Mais en voyant des figures aussi centrales de l’audiovisuel se liguer contre ce qu’elles perçoivent comme une « chasse aux sorcières », le rapport de force pourrait s’inverser. Pour les signataires, il ne s’agit pas seulement de défendre deux chaînes, mais de protéger un espace médiatique où toutes les opinions, y compris celles jugées « dérangeantes », puissent s’exprimer. « Si l’on commence à museler les médias qui déplaisent, c’est toute la démocratie qui est en danger », a déclaré, hors micro, une source proche de la rédaction de CNews.
L’enjeu est aussi commercial. CNews, bien que régulièrement attaquée, réalise des audiences en hausse constante, notamment chez les 25-49 ans, une cible prisée des annonceurs. Europe 1, en pleine restructuration, cherche à regagner des parts de marché face à RTL et France Inter. Une série de sanctions ou de plaintes pénales pourrait affaiblir la crédibilité des deux marques et faire fuir les investisseurs. En s’unissant publiquement, les stars de l’antenne envoient un signal fort à la fois au CSA et au gouvernement : toucher à ces médias, c’est toucher à une partie du paysage audiovisuel français qui a fait ses preuves.
**Fontes**
Les informations contenues dans cet article sont fondées sur des éléments rapportés par Le Figaro, L’Express et les dépêches de l’AFP. Les déclarations de Laurence Ferrari et des autres signataires sont issues du texte commun diffusé le 15 octobre 2026, accessible sur le site de CNews. Les données d’audience proviennent des chiffres Médiamétrie publiés en septembre 2026.
Por Renan Filho · 2026-10-17