**Lead**
Un nouveau sondage réalisé par l’institut Ifop pour Le Figaro, publié ce 21 octobre 2026, bouleverse le paysage politique français à moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027. Selon cette enquête réalisée après les violentes émeutes urbaines qui ont secoué plusieurs grandes villes cet été, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, parvient à se qualifier pour le second tour, devançant de justesse le camp macroniste. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, caracole en tête du premier tour avec une avance confortable, tandis qu’Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre et favori des sondages depuis des mois, est éliminé dès le premier tour, quelle que soit la configuration de scrutin testée.
**Contexto**
Ce sondage intervient dans un climat social particulièrement tendu. Les émeutes de l’été 2026, déclenchées après la mort d’un adolescent lors d’un contrôle de police dans la banlieue lyonnaise, ont provoqué une onde de choc politique. Le gouvernement, dirigé par un Premier ministre issu de la majorité présidentielle, a déployé des mesures de sécurité exceptionnelles, mais le malaise persiste. Dans ce contexte, l’extrême droite capitalise sur le sentiment d’insécurité, tandis que la gauche radicale tente de canaliser la colère sociale.
Le Figaro, qui a commandé ce baromètre électoral, souligne la fragmentation du vote modéré. Édouard Philippe, crédité de 16 à 18 % des intentions de vote selon les variantes, est distancé par Marine Le Pen (30-32 %) et Jean-Luc Mélenchon (22-24 %). Le candidat de droite, issu des Républicains, stagne autour de 10 %, et le camp présidentiel, représenté par un candidat macroniste encore indéterminé, ne dépasse pas les 12 %. L’étude insiste sur la polarisation du scrutin : les électeurs des deux blocs extrêmes se mobilisent fortement, tandis que l’électorat centriste semble désabusé et en partie absent.
Les émeutes ont également pesé sur la hiérarchie. Le Rassemblement national, qui avait déjà réalisé des scores records aux européennes de 2024 et aux législatives anticipées de 2025, consolide son implantation dans les zones périurbaines et rurales. Marine Le Pen, adoucie et plus expérimentée, séduit désormais au-delà de son socle historique. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, bien que controversé, bénéficie de l’essoufflement des autres formations de gauche et d’une capacité à rassembler les jeunes et les quartiers populaires, particulièrement touchés par les émeutes.
**Analise**
La donnée la plus frappante de ce sondage est l’élimination d’Édouard Philippe, jusqu’alors présenté comme le recours naturel des modérés face à la montée des extrêmes. Son profil de « monsieur propre » et son bilan de Premier ministre sous le premier quinquennat Macron ne semblent plus suffire. Les électeurs centristes, selon les analystes, reprochent à Philippe un manque de charisme et une incapacité à incarner une alternative claire. De plus, la dynamique des émeutes a favorisé les discours radicaux plutôt que les compromis technocratiques. Philippe, en tentant de se positionner en rassembleur, perd des deux côtés : les électeurs de droite lui préfèrent Le Pen, et ceux de gauche reportent leurs voix sur Mélenchon.
Ce duel Le Pen-Mélenchon, qui serait le premier du genre, porterait en germe une recomposition politique majeure. Les instituts de sondage, interrogés par Le Figaro, rappellent que ce type de configuration, où les deux candidats se réclament d’une rupture avec le système, pourrait produire un second tour aux contours inédits. Les reports de voix seraient alors déterminants : une partie de l’électorat macroniste, orphelin d’un candidat, pourrait se reporter sur Mélenchon pour faire barrage à Le Pen, tandis que d’autres pourraient s’abstenir massivement. La campagne qui s’annonce promet d’être l’une des plus clivantes de la Ve République.
**Fontes**
Ce article s’appuie sur les données publiées par Le Figaro le 21 octobre 2026, issues d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le compte du quotidien. L’enquête a été conduite en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales, du 15 au 18 octobre 2026. Les marges d’erreur sont comprises entre 1,5 et 3 points. Aucun autre institut n’a confirmé ces chiffres à ce stade. Le Figaro précise que les résultats tiennent compte des intentions de vote exprimées après les émeutes, mais ne préjugent pas du scrutin réel.
Por Renan Filho · 2026-10-21