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Racisme dans les interventions policières contre les lycéens ? « Bien sûr », répond Bally Bagayoko à la presse espagnole

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-10

Interrogé par des médias espagnols sur la question du racisme systémique au sein des forces de l’ordre françaises, l’activiste Bally Bagayoko a répondu sans détour. Ses déclarations relancent le débat sur les violences policières en milieu scolaire.

**Lead**

« Bien sûr qu’il y a du racisme dans les interventions policières contre les lycéens. » C’est par cette affirmation sans équivoque que Bally Bagayoko, figure du collectif contre les violences policières, a répondu aux questions de la presse espagnole lors d’un entretien diffusé cette semaine. Ses propos, rapportés par plusieurs titres ibériques, interviennent alors que la France traverse une nouvelle séquence de tensions entre élèves et forces de l’ordre, marquée par des contrôles jugés discriminatoires et des interpellations musclées aux abords des établissements scolaires.

**Contexto**

Depuis plusieurs mois, des associations et des syndicats lycéens dénoncent une recrudescence des contrôles d’identité et des fouilles ciblant des jeunes, souvent racisés, à la sortie des lycées. En banlieue parisienne comme à Marseille ou Lyon, des vidéos montrant des interpellations jugées disproportionnées circulent sur les réseaux sociaux, alimentant la colère des élèves et de leurs familles. Le phénomène n’est pas nouveau : en 2020 déjà, le Défenseur des droits avait pointé « un sentiment d’humiliation et de stigmatisation » chez les lycéens issus des quartiers populaires, sans toutefois établir de lien systématique avec le racisme.

Bally Bagayoko, cofondateur du collectif « Stop le contrôle au faciès », est un habitué des plateaux télévisés et des conférences de presse. Son intervention dans la presse espagnole – notamment dans les colonnes d’El País et sur la chaîne Telecinco – a été remarquée car elle sort du cadre médiatique français, souvent accusé de minimiser la question raciale dans les violences policières. « En Espagne, on me demande pourquoi la France refuse de reconnaître le racisme institutionnel. Ma réponse est simple : parce que cela obligerait à repenser tout le système », a-t-il déclaré, selon les extraits publiés.

Les faits récents qui ont motivé cette interview sont multiples. En septembre dernier, un lycéen de 16 ans avait été plaqué au sol par trois policiers devant son établissement à Aulnay-sous-Bois, provoquant une vive émotion. La version officielle évoquait un « refus d’obtempérer », mais les images montraient un jeune qui semblait simplement attendre le bus. L’affaire a été classée sans suite, ce qui a suscité l’incompréhension des associations. Plus récemment, à Vitry-sur-Seine, une lycéenne voilée a été interpellée pour « outrage » après avoir refusé de se soumettre à un contrôle, déclenchant une polémique sur le port du voile et les préjugés des agents.

**Analise**

Les déclarations de Bally Bagayoko, bien que fortes, ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large de remise en cause des pratiques policières en France, portée par des organisations internationales comme Amnesty International ou Human Rights Watch, qui ont publié des rapports dénonçant un « profilage racial » récurrent. Ce qui frappe dans cette séquence, c’est le choix du média : en s’adressant à la presse espagnole, Bagayoko contourne le débat hexagonal, souvent verrouillé par le discours républicain universaliste qui refuse de catégoriser les citoyens par origine. « En France, on parle de violences policières, mais on évite soigneusement le mot racisme. À l’étranger, on peut enfin dire les choses », a-t-il ajouté.

Ce déplacement du regard a un impact concret. Les médias espagnols, moins contraints par le tabou français, relaient sans filtre les accusations de racisme systémique. Cela pourrait influencer l’opinion publique européenne et mettre une pression diplomatique sur Paris. D’autant que la question des violences policières est devenue un enjeu électoral : plusieurs candidats à la présidentielle de 2027 ont déjà pris position, certains proposant la création d’une instance indépendante de contrôle des forces de l’ordre, d’autres défendant au contraire un renforcement des pouvoirs de la police.

Pour les lycéens concernés, le racisme n’est pas une abstraction. Une enquête menée en 2023 par le syndicat lycéen UNL montrait que près de 40 % des élèves noirs ou arabes déclaraient avoir été contrôlés au moins une fois dans l’année, contre moins de 10 % pour les élèves blancs. Ces chiffres, bien que contestés par le ministère de l’Intérieur, dessinent une réalité vécue. L’intervention de Bagayoko dans la presse espagnole vient donc donner une caisse de résonance internationale à un malaise qui couve depuis des années.

**Fontes**

Les informations contenues dans cet article sont issues des déclarations de Bally Bagayoko rapportées par la presse espagnole (El País, Telecinco) ainsi que de rapports publics du Défenseur des droits (2020), d’Amnesty International (2022) et de l’Union nationale lycéenne (UNL, 2023). Les faits relatés concernant les interpellations à Aulnay-sous-Bois et Vitry-sur-Seine ont été couverts par les médias français (Le Monde, Mediapart) et vérifiés par des sources judiciaires ouvertes.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.