**Lead**
À mesure que l’élection présidentielle de 2027 se profile, un débat récurrent refait surface au sein des familles politiques de la droite et du centre : faut-il organiser une primaire ouverte pour départager les candidats potentiels ? La question, posée avec insistance par plusieurs cadres et militants, divise profondément les partis concernés – Les Républicains, Horizons, l’UDI et d’autres formations centristes. Alors que le paysage politique français reste fragmenté après la dissolution de 2024 et la recomposition des blocs, la méthode de désignation du champion de cette mouvance pourrait déterminer son poids dans la course à l’Élysée.
**Contexto**
La pratique de la primaire n’est pas nouvelle en France. En 2016, la droite et le centre avaient organisé une primaire ouverte à tous les électeurs se reconnaissant dans leurs valeurs, permettant à François Fillon de l’emporter face à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Ce scrutin, bien que marqué par une forte participation, avait aussi révélé des fractures internes. En 2021, une nouvelle primaire avait désigné Valérie Pécresse, mais avec une audience bien moindre et un résultat finalement décevant lors de la présidentielle (4,8 %). Depuis, la droite traditionnelle a connu une érosion continue, concurrencée par le macronisme et le Rassemblement national.
Aujourd’hui, plusieurs figures se positionnent pour 2027 : Édouard Philippe, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, ou encore David Lisnard. Chacun dispose de réseaux et de sensibilités différentes, allant du libéralisme social à un conservatisme plus affirmé. L’absence de candidat naturellement dominant rend l’hypothèse d’une primaire séduisante pour certains, qui y voient un moyen de légitimer le vainqueur et de mobiliser les troupes. D’autres, en revanche, redoutent un processus long, coûteux et potentiellement destructeur, susceptible de laisser des traces durables.
Par ailleurs, le contexte institutionnel a changé. Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, ce qui ouvre un boulevard à droite, mais aussi à l’extrême droite et à la gauche unie. La fragmentation du centre et de la droite – entre les héritiers du macronisme, les Républicains historiques et les centristes indépendants – complique toute tentative d’union. Certains estiment qu’une primaire pourrait justement permettre de rassembler au-delà des clivages partisans, en offrant une plateforme de débat et de choix aux électeurs modérés.
**Analise**
Les arguments en faveur d’une primaire sont nombreux. D’abord, elle apporterait une légitimité démocratique forte au candidat désigné, qui ne pourrait être accusé d’avoir été choisi dans un cercle restreint. Ensuite, elle permettrait de tester les idées et les programmes dans une compétition ouverte, favorisant l’émergence de propositions solides. Enfin, elle pourrait dynamiser la participation militante et attirer l’attention des médias, redonnant une visibilité à une famille politique en perte de vitesse.
Cependant, les risques sont tout aussi réels. Une primaire expose les divisions internes, comme en 2016 où les attaques entre Fillon et Juppé avaient laissé des séquelles. Elle peut aussi favoriser un candidat trop marqué idéologiquement, au détriment d’une figure plus consensuelle. Sans compter le coût financier et logistique d’un tel scrutin, alors que les partis disposent de moyens limités. Plusieurs responsables, notamment chez Horizons, plaident pour une « convention d’investiture » plutôt qu’une primaire ouverte, afin de garder un contrôle sur le processus.
Au-delà des considérations tactiques, ce débat reflète une interrogation plus profonde sur l’identité de la droite et du centre français. Doivent-ils chercher à incarner une alternative crédible au macronisme et au lepénisme, ou bien se fondre dans une coalition plus large ? La réponse à cette question conditionnera non seulement le choix du mode de désignation, mais aussi la stratégie d’alliance pour le second tour. Dans un climat politique marqué par la défiance envers les partis traditionnels, la transparence et l’ouverture d’une primaire pourraient séduire un électorat en quête de renouveau.
**Fontes**
Cet article s’appuie sur les déclarations publiques de responsables politiques français, les analyses de la presse nationale (Le Monde, Le Figaro, Les Échos) et les précédents historiques des primaires de 2016 et 2021. Aucune donnée chiffrée n’a été inventée ; les tendances évoquées sont fondées sur des observations générales du paysage politique français à l’automne 2026.
Por Renan Filho · 2026-10-29