**Lead**
La présidentielle brésilienne de 2026 s’annonce comme un remake du duel de 2022, mais avec un nouveau protagoniste : Flavio Bolsonaro, sénateur et fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, affronte Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat. Au-delà du choc des personnalités, c’est le cap économique du géant sud-américain qui est en jeu, avec des conséquences directes pour ses partenaires internationaux, notamment la France, premier investisseur européen au Brésil. Les investisseurs et les analystes retiennent leur souffle, car les deux programmes économiques divergent radicalement sur la gestion de la dette publique, le rôle de l’État et l’ouverture commerciale.
**Contexto**
Lula, qui a dirigé le Brésil de 2003 à 2010, a marqué son passage par une forte croissance tirée par les matières premières et des programmes sociaux ambitieux. Son troisième mandat, entamé en 2023, a été fragilisé par une inflation persistante, une dépréciation du real et des tensions budgétaires. Malgré une reprise timide, le pays peine à réduire son déficit primaire et à relancer une industrie en déclin. De son côté, Jair Bolsonaro (2019-2022) avait misé sur une libéralisation économique, des privatisations et un alignement avec les États-Unis, mais son bilan a été terni par la pandémie et une gestion controversée de l’environnement, facteur clé dans les relations commerciales avec l’Union européenne.
Flavio Bolsonaro, 45 ans, s’est imposé comme le candidat de la droite conservatrice après que son père a été déclaré inéligible jusqu’en 2030 par la justice électorale. Il reprend les thèmes de la dérégulation, de la réduction des impôts et de la fin des subventions aux industries d’État, tout en promettant une politique étrangère plus agressive, notamment vis-à-vis des accords climatiques. Lula, de son côté, défend une intervention accrue de l’État dans l’économie, un renforcement de la protection sociale et un partenariat renforcé avec les Brics, tout en cherchant à finaliser l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne, suspendu depuis 2019.
**Analise**
L’enjeu économique dépasse les frontières brésiliennes. La France, via des entreprises comme TotalEnergies, Carrefour ou Airbus, est très exposée au marché brésilien. Un gouvernement Lula serait plus favorable à des accords multilatéraux et à des normes environnementales strictes, ce qui pourrait débloquer l’accord UE-Mercosur, longtemps attendu par les exportateurs français de produits agroalimentaires et de technologies. En revanche, une victoire de Flavio Bolsonaro risquerait de durcir les positions sur la déforestation et de ralentir les négociations commerciales, comme sous le mandat de son père. Les marchés financiers, eux, redoutent l’incertitude : la campagne s’annonce polarisée et les sondages, bien que non divulgués ici, montrent une course serrée, ce qui pourrait provoquer une volatilité accrue du real et des sorties de capitaux.
Par ailleurs, la politique budgétaire est au cœur des débats. Lula a déjà annoncé une réforme fiscale progressive et une augmentation des dépenses publiques pour l’éducation et la santé, tandis que Flavio Bolsonaro prône un plafonnement des dépenses et une réduction de la taille de l’État. Les agences de notation, comme Moody’s et S&P, surveillent de près l’évolution de la dette brésilienne, qui dépasse 80 % du PIB. Un nouveau choc politique pourrait dégrader la note souveraine, déjà en catégorie spéculative, et renchérir le coût du financement pour les entreprises brésiliennes et étrangères.
**Fontes**
Cet article s’appuie sur les déclarations publiques des candidats, les rapports de la Banque centrale du Brésil, les analyses de l’Institut brésilien d’économie (FGV) et les données de la Chambre de commerce France-Brésil. Les informations sur les programmes économiques sont issues des sites officiels des campagnes et des comptes rendus de la presse brésilienne (Folha de S.Paulo, O Globo). Aucun chiffre de sondage n’a été cité, conformément aux règles éditoriales du FORTIS NEWS.
Por Renan Filho · 2026-10-03