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Présidentielle 2027 : le reflux d’Édouard Philippe relance le débat sur une primaire à droite

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-29

Alors que l’ancien Premier ministre voit sa cote d’intention de vote baisser, les figures de la droite traditionnelle réclament avec plus d’insistance l’organisation d’une primaire pour désigner un candidat unique en 2027.

**Lead**

La perspective d’une primaire à droite pour l’élection présidentielle de 2027 refait surface. En cause : le recul dans les sondages d’Édouard Philippe, longtemps considéré comme le pôle le plus solide de l’opposition modérée. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, qui a fondé son propre parti Horizons en 2021, perd du terrain face à la concurrence et aux divisions internes. Ce reflux électoral ravive chez Les Républicains (LR) et dans les cercles de la droite indépendante la demande d’une procédure de sélection ouverte, seule à même, selon ses partisans, de garantir une candidature crédible face à Marine Le Pen et à la gauche unie.

**Context**

Édouard Philippe a longtemps incarné l’aile droite de la macronie, mêlant un profil de libéral assumé et une stature d’homme d’État forgée lors de la gestion de la crise des gilets jaunes et de la pandémie de Covid-19. Après son départ de Matignon en 2020, il a patiemment construit sa propre maison politique, Horizons, et s’est imposé comme l’un des favoris des enquêtes d’opinion pour 2027. Pendant plusieurs mois, son nom apparaissait en tête des intentions de vote pour le premier tour, devant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Mais depuis le début de 2026, la tendance s’inverse. Les enquêtes récentes, bien que discordantes sur les chiffres exacts, montrent toutes un tassement de sa popularité. Plusieurs facteurs expliquent cette érosion : l’usure naturelle d’une figure déjà très exposée, l’absence de propositions marquées sur les sujets de pouvoir d’achat et d’immigration, et surtout l’émergence d’une droite plus frontale, incarnée par Laurent Wauquiez ou encore par le rappel du retour possible de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène.

Ce reflux a redonné vigueur à un vieux débat au sein de la droite française. Faut-il, comme en 2016, organiser une primaire ouverte ? À l’époque, la primaire de la droite et du centre avait désigné François Fillon, dont la candidature avait ensuite été emportée par les affaires. L’expérience a laissé des traces : beaucoup, à LR, redoutent une nouvelle guerre fratricide et estiment que la primaire affaiblit le vainqueur plutôt qu’elle ne le légitime. Pourtant, face à un Édouard Philippe affaibli et à un paysage politique fragmenté, l’idée refait son chemin.

Plusieurs voix se sont élevées ces dernières semaines. Le président des Républicains, Éric Ciotti, a évoqué la nécessité d’« un processus clair et transparent pour que la droite parle d’une seule voix ». Sans nommer explicitement la primaire, il a laissé entendre que le parti ne pourrait se contenter d’une simple investiture interne. De son côté, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, multiplie les déplacements et les prises de parole, tout en refusant pour l’instant de se prononcer sur la forme de la désignation. Michel Barnier, ancien négociateur en chef du Brexit, est également cité comme un possible candidat de compromis, fort de son expérience européenne.

**Analyse**

Le retour du débat sur la primaire n’est pas un simple épiphénomène politique. Il traduit une crise structurelle de la droite française, écartelée entre son aile modérée, incarnée par Philippe, et son aile plus identitaire, portée par les figures de LR et par la tentation d’une alliance avec le Rassemblement national. La primaire pourrait être un moyen de trancher cette opposition interne et de présenter un candidat unique. Mais elle comporte des risques majeurs.

D’abord, le temps presse. À un an du premier tour de 2027, organiser une primaire nécessite des mois de préparation logistique, de débat interne et de campagne. Ensuite, le précédent de 2016 est dans tous les esprits : la primaire avait attiré plus de 4 millions d’électeurs, mais le vainqueur avait été fragilisé par les révélations sur l’emploi fictif de son épouse. Une primaire en 2027 pourrait subir le même sort, surtout si les candidats s’épuisent dans des attaques réciproques.

Cependant, ne pas organiser de primaire pourrait être tout aussi dangereux. Sans candidat unique, la droite risquerait de voir ses voix se disperser entre plusieurs prétendants — Philippe, Wauquiez, Bertrand, peut-être d’autres — laissant la voie libre à Marine Le Pen ou à un candidat de la gauche unie. Le reflux d’Édouard Philippe rend ce scénario de division plus probable. Si l’ancien Premier ministre ne parvient pas à remonter dans les sondages d’ici le début 2027, la pression pour une primaire deviendra irrésistible.

**Sources**

Les informations contenues dans cet article s’appuient sur des enquêtes d’opinion publiées par les instituts Ifop, OpinionWay et Ipsos entre septembre et octobre 2026, ainsi que sur les déclarations publiques d’Éric Ciotti, Xavier Bertrand et d’autres responsables politiques rapportées par Le Figaro, Le Monde et France Info. Les analyses de la situation de la droite sont également issues d’entretiens avec des politologues et des journalistes spécialisés, menés dans le cadre du suivi électoral du FORTIS NEWS.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.