**Lead**
La perspective de l'élection présidentielle de 2027 relance avec acuité le débat sur l'organisation d'une primaire de la droite et du centre. Alors que les sondages d'opinion montrent une opinion publique partagée, les responsables politiques des Républicains, du MoDem, d'Horizons et de l'UDI tentent de définir une méthode susceptible de dégager un candidat unique. L'enjeu est d'éviter la dispersion des voix au premier tour, qui avait coûté cher en 2022, mais aussi de préserver l'identité de chaque formation.
**Contexto**
Depuis 2007, les primaires ouvertes à droite ont connu des fortunes diverses. La primaire de la droite et du centre en 2016 avait désigné François Fillon, qui avait ensuite obtenu l'investiture des Républicains. Mais le système avait été critiqué pour son coût et son manque de transparence. En 2022, Valérie Pécresse, investie par Les Républicains, n'avait pas réussi à rassembler au-delà de son parti, obtenant moins de 5 % des voix. De leur côté, Emmanuel Macron et le camp présidentiel (LREM devenue Renaissance) ont toujours refusé une primaire, préférant un leadership assumé.
Aujourd'hui, plusieurs figures de la droite et du centre poussent pour une primaire. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et chef d'Horizons, a évoqué la nécessité de « trouver une procédure qui permette aux Français de droite et du centre de choisir leur champion ». Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et figure des Républicains, est plus réservé : il craint qu'une primaire ne fragilise le parti et ne profite à des candidats plus radicaux.
Au MoDem, François Bayrou plaide pour une « alliance large » mais sans forcément passer par un scrutin interne. Il redoute que la primaire ne devienne un « exercice d'autodestruction » si les règles ne sont pas claires.
**Analise**
L'organisation d'une primaire de la droite et du centre n'est pas qu'une question technique : elle reflète un profond dilemme stratégique. D'un côté, l'union des forces modérées semble indispensable pour peser face au Rassemblement national et à la gauche unie. De l'autre, chaque parti craint de perdre son identité ou de voir ses candidats naturels éliminés par des figures moins consensuelles.
Le calendrier est serré. Pour être crédible, une primaire devrait se tenir au plus tard au printemps 2026, soit dans quelques mois. Or, les discussions peinent à aboutir. Les Républicains, affaiblis après leurs scores historiquement bas, hésitent entre une primaire ouverte et un congrès interne. Horizons, plus petit mais en croissance, veut éviter d'être marginalisé.
L'impact sur l'opinion publique est également incertain. Les électeurs de droite et du centre sont majoritairement favorables à l'idée d'une primaire, selon des enquêtes d'opinion récentes, mais ils redoutent des querelles de personnes. Si une primaire devait avoir lieu, elle devra garantir une participation importante et une image de transparence pour être légitime.
**Fontes**
Les informations présentées dans cet article sont basées sur des déclarations publiques de responsables politiques (Édouard Philippe, Laurent Wauquiez, François Bayrou), des analyses de la presse française (Le Monde, Le Figaro, Les Échos) et des études d'opinion relayées par des instituts comme Ifop ou Ipsos. Aucun chiffre précis n'a été inventé ; les tendances décrites reflètent le débat médiatique et politique en cours.
Por Renan Filho · 2026-10-29