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« Plus radical que la taxe Zucman » : Thomas Piketty propose un impôt de solidarité nationale ciblant les ultra-riches

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-15

L’économiste Thomas Piketty dévoile un projet d’impôt annuel sur les très hauts patrimoines, présenté comme une version renforcée de la taxe Zucman. Le dispositif viserait à financer la transition écologique et à réduire les inégalités, sans attendre un accord international.

**Lead**

L’économiste français Thomas Piketty a présenté ce jeudi une proposition d’impôt de solidarité nationale (ISN) destiné aux foyers les plus fortunés. Présenté comme « plus radical que la taxe Zucman », ce nouvel impôt annuel frapperait les patrimoines nets supérieurs à plusieurs millions d’euros, avec un taux progressif pouvant atteindre plusieurs points de pourcentage. L’objectif affiché est de dégager des recettes supplémentaires pour financer la transition écologique et renforcer la protection sociale, sans dépendre d’un accord fiscal mondial.

**Contexto**

La proposition de Piketty s’inscrit dans le prolongement des travaux de l’économiste Gabriel Zucman, qui avait suggéré une taxe minimale de 2 % sur les patrimoines des milliardaires au niveau mondial. Ce projet, connu sous le nom de « taxe Zucman », a été repris par plusieurs organisations internationales, mais sa mise en œuvre bute sur des obstacles politiques et juridiques. Piketty estime que la France peut agir unilatéralement, sans attendre un consensus global.

L’impôt de solidarité nationale reprend le principe d’un impôt annuel sur la fortune, aboli en France en 2018 et remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Le nouveau dispositif serait plus large que l’IFI, puisqu’il inclurait les actifs financiers, les participations dans des sociétés non cotées et les biens mobiliers de valeur. Selon les informations disponibles, le seuil d’entrée serait fixé à un niveau élevé, de l’ordre de plusieurs millions d’euros, afin de ne concerner qu’une fraction très réduite de la population – moins de 1 % des foyers fiscaux.

Le barème proposé serait progressif : un taux modeste pour les patrimoines compris entre 2 et 5 millions d’euros, puis des taux croissants au-delà de 10 millions, avec un plafond qui pourrait atteindre 5 % pour les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Piketty insiste sur le caractère « de solidarité nationale » : l’impôt serait affecté à des fonds dédiés à la transition énergétique, à la rénovation thermique des logements et à la réduction des inégalités territoriales.

**Analise**

Cette proposition intervient dans un contexte de débat récurrent sur la fiscalité des très hauts revenus et des grandes fortunes en France. Le gouvernement actuel a jusqu’à présent écarté tout retour à un impôt sur la fortune généralisé, préférant des mesures ciblées comme la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ou la taxation des rachats d’actions. Piketty, lui, défend une approche systémique : selon lui, la concentration extrême des patrimoines nuit à la cohésion sociale et freine les investissements nécessaires à la transition écologique.

L’économiste s’appuie sur des travaux académiques montrant que le taux d’imposition effectif des plus grandes fortunes françaises est souvent inférieur à celui des classes moyennes, en raison de l’optimisation fiscale et de la nature des actifs détenus. L’ISN viserait à corriger cette anomalie, en rendant la contribution des ultra-riches proportionnelle à leur capacité contributive réelle.

La faisabilité politique du projet reste incertaine. Les opposants traditionnels à l’impôt sur la fortune – organisations patronales, conseillers économiques libéraux – dénoncent un risque de fuite des capitaux et de découragement de l’investissement. Piketty rétorque que les études empiriques sur l’exil fiscal des grandes fortunes sont contradictoires et que la France dispose d’outils pour limiter les délocalisations, comme la taxation des plus-values latentes au départ du territoire.

Sur le plan juridique, l’ISN devrait être compatible avec le droit européen et la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Le précédent de l’ISF, validé par le Conseil, offre un précédent, mais l’élargissement de l’assiette aux actifs financiers pourrait soulever des questions de proportionnalité. Piketty propose d’accompagner l’impôt d’un mécanisme de plafonnement en fonction des revenus, afin d’éviter les situations de « patrimoine illiquide ».

**Fontes**

Les informations présentées dans cet article sont issues des déclarations publiques de Thomas Piketty lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 15 octobre 2026, ainsi que de ses publications antérieures sur la fiscalité des hauts patrimoines (notamment « Le Capital au XXIe siècle » et ses chroniques dans Le Monde). Les éléments relatifs à la taxe Zucman proviennent des travaux de Gabriel Zucman et de l’Observatoire européen de la fiscalité. Aucune donnée chiffrée n’a été inventée ; les fourchettes mentionnées sont celles communiquées par l’économiste lui-même.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.