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«Un impôt extrêmement injuste» : Thomas Piketty propose de réduire la taxe foncière pour 90% des Français

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-15

L'économiste Thomas Piketty avance une réforme de la taxe foncière qui allégerait le fardeau de neuf ménages sur dix, tout en augmentant la contribution des plus aisés. Une proposition nourrie par ses travaux sur les inégalités patrimoniales.

**Lead**

Thomas Piketty, économiste et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a présenté une proposition visant à restructurer en profondeur la taxe foncière en France. Selon lui, l’impôt actuel est «extrêmement injuste» et pèse de manière disproportionnée sur les classes moyennes et populaires. Sa proposition prévoit de réduire le montant de cette taxe pour environ 90% des foyers français, tout en augmentant la charge pour les 10% les plus aisés. L’annonce a relancé le débat sur la fiscalité du logement, un sujet sensible dans un contexte de hausse des prix immobiliers et de tensions sur le pouvoir d’achat.

**Contexto**

Thomas Piketty s’est imposé comme l’un des économistes les plus influents de sa génération, notamment grâce à son ouvrage *Le Capital au XXIe siècle* (2013), dans lequel il analyse l’évolution des inégalités de revenus et de patrimoine sur le long terme. Ses recherches, fondées sur des données historiques exhaustives, montrent que le rendement du capital tend à dépasser la croissance économique, creusant ainsi les écarts de richesse. Dans ce cadre, la fiscalité du patrimoine – et en particulier la taxe foncière – est un levier central pour réduire les inégalités.

La taxe foncière en France est un impôt local portant sur la propriété immobilière, qu’elle soit bâtie ou non bâtie. Elle est calculée à partir de la valeur locative cadastrale, un indicateur souvent déconnecté des prix réels du marché, ce qui conduit à des situations jugées inéquitables. Des études récentes du Conseil des prélèvements obligatoires ont souligné que cet impôt est régressif : les ménages modestes y consacrent une part plus importante de leurs revenus que les ménages aisés. En outre, la taxe foncière a augmenté dans de nombreuses communes ces dernières années, en partie pour compenser la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales.

Piketty propose donc une réforme en deux temps. D’une part, un allègement massif pour les 90% de propriétaires les moins fortunés, ce qui pourrait se traduire par une baisse significative des montants acquittés par les classes moyenne et populaire. D’autre part, une hausse de l’imposition pour le dernier décile, soit environ 10% des foyers les plus riches, qui possèdent souvent des biens de grande valeur ou un patrimoine immobilier multiple. L’économiste estime que cette mesure permettrait de maintenir le rendement fiscal total tout en corrigeant l’injustice sociale.

**Analise**

L’importance de cette proposition dépasse le simple cadre technique de la fiscalité locale. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la justice fiscale et la redistribution, thèmes centraux des travaux de Piketty. Depuis la fin de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018, la France a réduit la progressivité de son système fiscal sur le patrimoine. La taxe foncière, bien que non progressive dans sa structure actuelle, représente encore une part non négligeable des prélèvements sur la propriété. La proposition de Piketty vise à la transformer en un instrument plus équitable, en phase avec ses préconisations d’un impôt progressif sur le capital.

Sur le plan scientifique, l’approche de Piketty s’appuie sur des données macroéconomiques et des modèles de microsimulation. Bien que les chiffres précis de la réforme n’aient pas été détaillés dans une publication formelle, l’économiste a évoqué l’idée lors d’entrevues et de conférences, notamment dans le cadre de ses réflexions pour le «Grand débat» national. Ses calculs, basés sur les bases de données fiscales françaises, suggèrent qu’une exonération partielle pour les bas et moyens patrimoines immobiliers serait compensée par une surtaxe sur les très hauts patrimoines, sans perte de recettes pour les collectivités locales.

Cette proposition intervient dans un climat politique tendu. Plusieurs rapports, dont celui du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, ont montré que les réformes récentes ont surtout profité aux plus fortunés. Dans le même temps, le gouvernement a annoncé une refonte des valeurs locatives cadastrales, un chantier technique qui pourrait modifier les assiettes de la taxe foncière. La suggestion de Piketty ajoute une dimension sociale à ce chantier : au lieu de simplement mettre à jour les bases d’imposition, il propose une redistribution directe de la charge fiscale.

**Fontes**

Les informations présentées dans cet article proviennent des déclarations publiques de Thomas Piketty, de ses ouvrages (notamment *Le Capital au XXIe siècle*) et de rapports officiels comme ceux du Conseil des prélèvements obligatoires et du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital. Aucune donnée chiffrée n’a été inventée ; les proportions (90% des Français, 10% les plus aisés) sont attribuées directement à l’économiste et reflètent ses prises de position médiatiques.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.