FORTIS
← FORTIS
Opiniao

« Un impôt extrêmement injuste » : Thomas Piketty propose de réduire la taxe foncière pour 90 % des Français

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-15

L’économiste Thomas Piketty juge la taxe foncière actuelle « extrêmement injuste » et suggère de l’alléger pour la grande majorité des foyers, tout en augmentant la contribution des plus hauts patrimoines immobiliers.

**Lead**

L’économiste français Thomas Piketty, connu pour ses travaux sur les inégalités et la fiscalité, a proposé une réforme radicale de la taxe foncière en France. Dans une récente intervention médiatique, il a qualifié cet impôt d’« extrêmement injuste » et a suggéré de le réduire « pour 90 % des Français ». Selon lui, le système actuel pèse de manière disproportionnée sur les classes moyennes et populaires, alors que les détenteurs de très grands patrimoines immobiliers en sont relativement épargnés. Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la justice fiscale et la redistribution des richesses, alors que le gouvernement français prépare le budget pour l’année à venir.

**Contexto**

La taxe foncière est un impôt local prélevé sur les propriétés bâties et non bâties. Elle représente une source de revenus essentielle pour les communes, mais son assiette et son mode de calcul sont souvent critiqués. Contrairement à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui ne concerne que les patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros, la taxe foncière touche tous les propriétaires, y compris ceux dont la résidence principale est modeste. Or, la valeur locative cadastrale, qui sert de base au calcul, n’a pas été révisée depuis des décennies dans de nombreuses communes, créant des distorsions et des situations d’injustice.

Thomas Piketty, auteur du best-seller « Le Capital au XXIe siècle », milite depuis longtemps pour une fiscalité plus progressive et plus transparente. Dans ses précédents ouvrages et tribunes, il a plaidé pour un impôt mondial sur la fortune et pour une refonte de l’impôt sur le revenu. Sa nouvelle proposition sur la taxe foncière s’inscrit dans cette logique : il s’agit de réduire la pression fiscale sur les 90 % des ménages les moins aisés, tout en augmentant la contribution des 10 % les plus riches, et en particulier des 1 % les plus fortunés.

L’économiste n’a pas fourni de chiffres précis dans son intervention, mais il a esquissé les grandes lignes de sa réforme. Celle-ci consisterait à exonérer totalement ou partiellement les propriétés de faible valeur, à revaloriser les bases cadastrales pour les biens de luxe, et à instaurer un taux progressif en fonction de la valeur du bien. Une telle mesure, si elle était adoptée, nécessiterait une compensation pour les collectivités locales, qui perdraient une partie de leurs recettes. Piketty suggère de financer ce manque à gagner par un impôt national sur les très hauts patrimoines immobiliers, ou par une augmentation de la part de l’État dans le financement des services publics locaux.

**Analise**

Cette proposition intervient dans un contexte de tensions sociales et fiscales en France. Le gouvernement actuel a déjà engagé une réforme de la taxe d’habitation, qui a été supprimée pour la résidence principale de la plupart des ménages. Mais la taxe foncière, elle, reste inchangée et continue de peser lourdement sur les propriétaires, notamment dans les zones tendues où les valeurs locatives ont fortement augmenté. Pour de nombreux retraités et ménages modestes, cette taxe représente une charge mensuelle non négligeable, parfois supérieure à la taxe d’habitation supprimée.

L’idée de Piketty de réduire la taxe foncière pour 90 % des Français est politiquement audacieuse. Elle séduirait sans doute une large partie de l’électorat, mais elle se heurterait à des obstacles techniques et budgétaires. D’une part, il faudrait définir précisément le seuil des 90 % : s’agit-il des 90 % des propriétaires les moins riches, ou des 90 % des foyers français, y compris les locataires ? D’autre part, une telle réforme risquerait de creuser le déficit public si elle n’est pas accompagnée de mesures de financement crédibles. Les collectivités locales, déjà sous pression budgétaire, pourraient s’opposer à une baisse de leurs ressources sans compensation claire.

Sur le fond, le diagnostic de Piketty est partagé par de nombreux économistes et associations de contribuables. La taxe foncière est souvent considérée comme un impôt régressif, car elle ne tient pas compte des revenus du propriétaire. Un retraité modeste vivant dans un appartement dont la valeur a grimpé peut se retrouver avec une facture fiscale élevée, alors qu’un très riche propriétaire d’un hôtel particulier peut optimiser sa situation via des sociétés civiles immobilières. La proposition de Piketty vise à corriger cette injustice en rendant l’impôt plus progressif et en allégeant le fardeau des plus modestes.

**Fontes**

- Thomas Piketty, économiste, professeur à l’École d’économie de Paris, auteur de « Le Capital au XXIe siècle ». - Déclarations publiques de Thomas Piketty lors d’une intervention médiatique (octobre 2026). - Rapports du Conseil des prélèvements obligatoires sur la fiscalité locale. - Études de l’Institut des politiques publiques (IPP) sur la progressivité de la taxe foncière.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.