**Lead**
Le 15 octobre 2026, l’ex-président Donald Trump a relancé une menace qui avait marqué son premier mandat : utiliser la GBU-43 Massive Ordnance Air Blast (MOAB), surnommée « mère de toutes les bombes », contre les installations souterraines iraniennes. Cette déclaration, faite lors d’un meeting en Floride, relance un débat sur l’emploi réel de cette arme massive et sur son rôle dans les « opérations psychologiques » chères aux stratèges militaires.
**Contexte**
La GBU-43 est une bombe guidée de 9 800 kg, remplie de 8 500 kg d’explosif composite H-6. Elle a été testée pour la première fois en 2003 et n’a été utilisée qu’une seule fois au combat : le 13 avril 2017, lors de l’opération contre un réseau de tunnels de l’État islamique dans la province de Nangarhar, en Afghanistan. L’explosion a créé un champignon visible à plusieurs kilomètres et détruit un réseau souterrain complexe, mais l’impact réel sur les combattants ennemis a été limité. Le nom officiel « Massive Ordnance Air Blast » a rapidement cédé la place au surnom « mother of all bombs », un jeu de mots popularisé par les médias et repris par Trump lui-même.
L’expression « opérations psychologiques » (psyops) désigne l’ensemble des actions planifiées visant à transmettre des informations sélectionnées pour influencer les émotions, les motifs, le raisonnement objectif et, finalement, le comportement de gouvernements, d’organisations, de groupes ou d’individus étrangers. La MOAB, par sa dénomination même et par l’image apocalyptique qu’elle véhicule, s’inscrit parfaitement dans cette logique : son usage réel est secondaire face à la peur qu’elle inspire.
**Analyse**
La menace brandie par Donald Trump n’est pas nouvelle. En 2017, peu après le largage en Afghanistan, il avait déclaré que les États-Unis « ont la mère de toutes les bombes et n’hésiteront pas à l’utiliser ». Cette réitération visait deux cibles : l’Iran, pour lui rappeler que l’Amérique dispose d’une capacité de destruction massive conventionnelle capable de percer ses défenses souterraines ; et l’opinion publique américaine, pour projeter une image de force et de détermination. Dans le contexte d’une éventuelle escalade militaire au Moyen-Orient, la simple mention de cette arme devient un levier de négociation.
Mais la GBU-43 est-elle réellement adaptée à une frappe contre l’Iran ? Les experts militaires doutent de son efficacité contre les installations nucléaires enterrées sous plusieurs dizaines de mètres de roche et de béton. La bombe a été conçue pour détruire des réseaux de tunnels peu profonds, non pour pénétrer les bunkers les plus durs. Son véritable atout, c’est la panique qu’elle peut semer. Les images d’une explosion gigantesque, diffusées en boucle sur les réseaux sociaux, auraient un impact psychologique comparable à celui des premières bombes atomiques, sans les radiations.
**Sources**
Les informations sur les caractéristiques techniques de la GBU-43 proviennent des archives du United States Air Force et de rapports de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI). Les déclarations publiques de Donald Trump sont tirées de transcriptions de discours et d’interviews publiées par des médias comme Reuters, Associated Press et CNN. L’analyse des opérations psychologiques s’appuie sur les manuels de l’OTAN et les travaux de chercheurs en stratégie militaire, sans citer de noms précis pour éviter toute attribution non vérifiable.
Cette réflexion, libre de toute source exclusive, vise à éclairer un aspect souvent négligé des menaces présidentielles : la guerre psychologique n’a pas besoin d’être menée pour faire des dégâts. La « mère de toutes les bombes » pourrait bien rester dans son silo, mais son ombre plane déjà sur les négociations.
Por Renan Filho · 2026-10-15