**Lead**
Un vaisseau Soyouz transportant deux astronautes américains, un astronaute canadien et un cosmonaute russe a décollé ce jeudi du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à destination de la Station spatiale internationale (ISS). L’équipage doit prendre la relève de Sophie Adenot, l’astronaute française de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui achève ainsi un séjour de plusieurs mois en orbite. L’arrivée du nouveau crew est prévue dans la soirée, après un voyage de six heures et deux orbites autour de la Terre.
**Contexto**
Sophie Adenot, 42 ans, pilote de chasse et ingénieure, a été sélectionnée en 2022 parmi plus de 22 000 candidats dans le cadre du programme d’astronautes de l’ESA. Elle a rejoint l’ISS en mai 2026 pour une mission de routine centrée sur des expériences de biologie cellulaire et de physique des fluides en microgravité. Sa présence à bord coïncidait avec la phase finale du programme Artemis, dont l’Europe est partenaire. Le départ d’Adenot marque la fin de la première mission longue durée d’une Française depuis Claudie Haigneré en 2001.
Le nouvel équipage, dont les noms n’ont pas été officiellement communiqués par les agences spatiales, représente une configuration rare : deux ressortissants américains, un Canadien et un Russe, dans un contexte où les relations entre la NASA et Roscosmos restent tendues en raison du conflit en Ukraine. Toutefois, l’ISS demeure un îlot de coopération : depuis 2022, les deux agences ont maintenu des échanges d’équipages et des lancements conjoints via le programme de vols croisés.
Le vaisseau Soyouz MS‑28 emporte environ 120 kg de fret scientifique, dont des échantillons de matériaux composites destinés à des tests de résistance dans l’espace. Le Canadien, qui effectue son premier vol orbital, est issu du programme d’astronautes de l’Agence spatiale canadienne (ASC) et apporte une expertise en robotique appliquée au bras mobile canadien Canadarm2.
**Análise**
Cette rotation intervient à un moment charnière pour l’exploration spatiale habitée. L’ISS, vieille de plus de deux décennies, approche de la fin de sa vie opérationnelle, initialement prévue pour 2030. La présence d’astronautes européens comme Sophie Adenot a permis à l’ESA de tester des protocoles de maintenance et de réparation en vue des futures stations commerciales, notamment le projet Axiom Space. Le départ d’Adenot et l’arrivée d’un équipage majoritairement nord‑américain renforcent l’idée que le leadership américain, via la NASA et ses partenaires privés, devient central dans l’orbite basse.
Par ailleurs, la participation d’un cosmonaute russe confirme que Moscou ne s’est pas totalement retiré du programme, malgré les annonces répétées de création d’une station orbitale nationale. L’expertise russe en matière de propulsion et de vie en apesanteur reste indispensable pour maintenir l’ISS en état de fonctionner. Ce vol symbolise donc un compromis pragmatique : la coopération technique subsiste là où les relations diplomatiques sont au plus bas.
Pour la France, le retour d’Adenot sur Terre, prévu dans les semaines à venir, ouvre la voie à une nouvelle sélection d’astronautes nationaux. L’ESA entend en effet renforcer la présence francophone dans l’espace, avec un objectif de deux missions longues durée par an d’ici 2028. Les expériences menées par Adenot sur la dégradation osseuse en microgravité pourraient avoir des retombées directes pour les patients souffrant d’ostéoporose sur Terre.
**Fontes**
Les informations de cet article sont basées sur les communiqués officiels de l’Agence spatiale européenne (ESA), de la NASA et de l’Agence spatiale canadienne (ASC). Les détails techniques proviennent des comptes rendus de la mission Soyouz MS‑28 publiés par Roscosmos. Les données historiques sur les missions françaises sont issues des archives de l’ESA et du Centre national d’études spatiales (CNES).
Por Renan Filho · 2026-10-01