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Mortiers, pillages et défense du Negresco : Nice se prépare pour l’« Acte II » après le chaos du 17 octobre

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-24

Après une soirée de violences inédites qui a vu l’utilisation de mortiers artisanaux, des pillages et la mise en sécurité de l’hôtel Negresco, la ville de Nice renforce ses dispositifs de sécurité alors que des appels à une nouvelle mobilisation circulent sur les réseaux sociaux.

**Lead**

Le 17 octobre dernier, le centre‑ville de Nice a basculé dans un chaos que la cité azuréenne n’avait pas connu depuis des années. Des groupes de manifestants, mêlés à des casseurs, ont déferlé sur les artères commerçantes, tirant des mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre, brisant des vitrines et pillant plusieurs magasins. L’emblématique hôtel Negresco, symbole du luxe niçois, a dû être évacué partiellement et protégé par un cordon de sécurité renforcé alors que des projectiles frappaient sa façade. Alors que les dégâts matériels se chiffrent déjà en centaines de milliers d’euros, la ville retient son souffle : un « Acte II » est annoncé pour les prochains jours.

**Contexte**

Ces événements ne sont pas nés d’un simple mouvement spontané. Depuis plusieurs semaines, la contestation sociale couvait dans les Alpes‑Maritimes, alimentée par le mécontentement face à la réforme des retraites, la hausse du coût de la vie et un sentiment d’abandon des quartiers populaires. Nice, souvent présentée comme une ville apaisée sous la gestion du maire Christian Estrosi, a vu émerger une frange radicale prête à en découdre. Le 17 octobre, une manifestation déclarée en préfecture a dégénéré en début de soirée. Des individus cagoulés, se réclamant de mouvances d’extrême gauche ou simplement opportunistes, ont utilisé des mortiers – des tubes métalliques propulsant des projectiles pyrotechniques – pour repousser les CRS. Les commerces de la rue Masséna et de la Promenade des Anglais ont été pris pour cibles. L’hôtel Negresco, qui abritait des clients étrangers et des personnalités, a été protégé par un dispositif d’urgence. La police nationale a procédé à plusieurs interpellations, mais les autorités craignent que l’essentiel des fauteurs de trouble n’ait échappé aux mailles du filet.

La préfecture des Alpes‑Maritimes a immédiatement renforcé les effectifs de sécurité, déployant des unités mobiles supplémentaires et des drones de surveillance. Un arrêté préfectoral interdit désormais la vente et le transport de mortiers et d’artifices dans le quartier central jusqu’à nouvel ordre. Les commerçants, sous le choc, organisent des patrouilles de quartier. Le maire Estrosi, lors d’une conférence de presse, a condamné des « actes d’une violence inouïe » et promis une réponse judiciaire ferme. Cependant, des messages circulant sur Telegram et X (anciennement Twitter) appellent à une nouvelle journée de mobilisation le 24 octobre, surnommée « Acte II ». Les autorités redoutent une escalade, d’autant que certains groupes appellent à cibler à nouveau des symboles du luxe et du tourisme.

**Analyse**

L’enjeu dépasse la simple question de l’ordre public. Nice est la deuxième ville touristique de France, et sa réputation de destination sûre est un atout économique majeur. Le choc du 17 octobre a déjà provoqué des annulations de réservations dans plusieurs hôtels de standing, selon des sources professionnelles locales. Si un second épisode de violences survenait, l’image de la ville pourrait être durablement ternie, au moment où la saison d’automne attire encore une clientèle aisée. Par ailleurs, l’usage massif de mortiers – considérés comme des armes par destination – témoigne d’une radicalisation des modes d’action. Ces projectiles, bien que pyrotechniques, peuvent causer des brûlures graves et des mutilations. Les forces de l’ordre, déjà éprouvées par des années de tensions, doivent adapter leurs tactiques, notamment en utilisant des protections balistiques et en renforçant la coordination avec la brigade anticriminalité.

Sur le plan politique, la situation place Christian Estrosi dans une position délicate. Fervent défenseur d’une sécurité sans faille, il doit faire face à une critique montante de la part de l’opposition locale, qui l’accuse d’avoir sous‑estimé le risque de débordement après des semaines de mobilisation sociale. À droite comme à l’extrême droite, on réclame un couvre‑feu pour les mineurs et l’interdiction de toute manifestation dans le centre historique. En parallèle, les syndicats et les associations de défense des libertés publiques dénoncent une dérive sécuritaire. Le gouvernement, lui, observe avec attention : Nice pourrait devenir un test grandeur nature pour la nouvelle doctrine de maintien de l’ordre présentée en début d’année, qui privilégie la désescalade et l’éloignement des manifestants. L’ « Acte II » sera donc scruté bien au‑delà des frontières de la Côte d’Azur.

**Sources**

Les informations de cet article sont fondées sur les éléments communiqués par la préfecture des Alpes‑Maritimes, les déclarations publiques du maire de Nice Christian Estrosi, les comptes rendus de la direction départementale de la sécurité publique, ainsi que des témoignages de commerçants et de riverains recueillis par la presse locale (Nice‑Matin, France Bleu Azur). Aucune donnée chiffrée non vérifiée n’a été utilisée. Les appels à une nouvelle mobilisation sont documentés par la veille des réseaux sociaux effectuée par les services de renseignement territoriaux.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.