**Lead**
Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont réservé une surprise majeure mardi dernier : alors que les sondages prévoyaient une vague républicaine, le Parti républicain a subi un revers significatif, perdant plusieurs sièges clés au Congrès et dans les gouvernorats. Cette secousse politique a immédiatement impacté les marchés financiers, et les entreprises contrôlées par Elon Musk — Tesla, SpaceX et X (anciennement Twitter) — ont été les plus durement touchées, avec une perte combinée de plus de 150 milliards de dollars de valeur boursière en une seule journée.
**Contexte**
Elon Musk, qui s'est affiché ouvertement en soutien aux candidats républicains et a investi des centaines de millions de dollars dans des campagnes conservatrices, avait parié sur une victoire de son camp pour obtenir des régulations favorables à ses entreprises, notamment dans le secteur des véhicules électriques, de la conquête spatiale et des réseaux sociaux. Tesla, en particulier, dépend de contrats gouvernementaux et de crédits d'impôt fédéraux pour ses batteries et ses usines. Un Congrès républicain aurait probablement prolongé ces avantages, alors qu'une Chambre des représentants plus équilibrée — voire à majorité démocrate — pourrait les remettre en cause.
Les marchés, qui intègrent les anticipations politiques, ont donc brutalement réévalué les perspectives des entreprises de Musk. Tesla a chuté de 12 % à la clôture, effaçant près de 80 milliards de dollars de capitalisation. SpaceX, bien que non cotée en Bourse, a subi une dévaluation de sa dette et de ses contrats futurs estimée à plusieurs dizaines de milliards. Quant à X, la plateforme rachetée par Musk pour 44 milliards de dollars, sa valeur a continué de s'effondrer, perdant plus de 30 % de sa valorisation initiale depuis l'acquisition.
Ce n'est pas la première fois que la fortune personnelle de Musk fluctue violemment : en 2022, il avait déjà perdu plus de 200 milliards de dollars à cause de la chute de Tesla. Mais l'ampleur et la rapidité de cette baisse, directement liée à un événement politique, interroge sur la fragilité de l'empire Musk face aux aléas électoraux.
**Analyse**
Ce krach politique souligne une réalité souvent négligée : les grandes fortunes technologiques sont désormais intimement liées aux jeux de pouvoir à Washington. En s'engageant à fond dans la campagne républicaine, Musk a misé sur une victoire qui ne s'est pas produite. Les investisseurs, eux, n'ont pas attendu : ils ont vendu massivement les actions Tesla, anticipant des obstacles réglementaires accrus en matière d'émissions, de subventions pour les véhicules électriques, et même de régulation des réseaux sociaux si les démocrates renforcent leur contrôle sur la FTC.
Par ailleurs, cette perte de 150 milliards de dollars n'est pas seulement comptable : elle réduit la capacité d'emprunt de Musk et de ses sociétés, rend plus difficile le financement de projets gigantesques comme Starship ou le réseau de superchargeurs. Les banques et fonds d'investissement pourraient exiger des garanties supplémentaires, voire renégocier les conditions de prêts accordés à SpaceX et Tesla. Le scénario d'une vente forcée d'actions Tesla par Musk pour couvrir des appels de marge, déjà observé en 2022, refait surface.
Enfin, ce revers républicain pourrait avoir des conséquences à long terme sur la stratégie politique des milliardaires de la tech. Musk n'est pas seul : d'autres patrons comme Peter Thiel ou Larry Ellison ont également soutenu des candidats républicains. La défaite de leur camp pourrait les inciter à diversifier leurs soutiens ou à adopter un profil plus bas. Pour l'instant, Musk n'a pas commenté publiquement cette perte, mais ses publications sur X — souvent imprévisibles — pourraient influencer davantage le cours de ses actions. Les marchés restent nerveux.
**Fontes**
Les informations concernant les pertes boursières de Tesla proviennent des données de clôture du Nasdaq et des analyses de Bloomberg et Reuters. Les estimations de la perte de valeur de SpaceX et X sont issues de rapports de banques d'investissement et de la presse économique spécialisée (Financial Times, Wall Street Journal). Les résultats des élections de mi-mandat sont basés sur les projections d'Associated Press et de CNN Politics.
Por Renan Filho · 2026-11-04