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Présidentielle 2027 : Marine Le Pen structure sa campagne et pose les bases d’un futur gouvernement

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-11-05

À un an du scrutin, la candidate du Rassemblement national organise son dispositif électoral et esquisse les contours d’une équipe gouvernementale, entre fidélité au parti et ouverture à des personnalités de la société civile.

**Lead**

Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027, a officiellement lancé la phase active de sa campagne en dévoilant, ce jeudi 5 novembre 2026, une structure de commandement resserrée et une première liste de conseillers thématiques. L’objectif affiché est de préparer non seulement la conquête de l’Élysée, mais aussi la mise en place immédiate d’un gouvernement, en cas de victoire. Cette annonce intervient alors que les sondages d’opinion, bien que fluctuants, placent régulièrement la députée du Pas-de-Calais en tête des intentions de vote pour le premier tour, devant les représentants de la majorité sortante et de la gauche unie.

**Contexto**

Depuis sa défaite au second tour de 2022 face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen a entrepris une mue stratégique. Elle a recentré son discours sur le pouvoir d’achat, la sécurité et l’identité nationale, tout en cherchant à dédiaboliser son parti. Le RN a remporté plusieurs élections intermédiaires, notamment les européennes de 2024 et les législatives anticipées de 2025, où il est devenu le premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. Cette dynamique a convaincu la direction du parti d’accélérer la préparation de la présidentielle.

La nouvelle organisation de campagne repose sur un « comité de pilotage » de six personnes, dont le président du RN Jordan Bardella, le secrétaire général Gilles Pennelle, et la directrice de campagne Catherine Griset. S’y ajoutent des « référents sectoriels » chargés de rédiger les fiches programmatiques pour les cent premiers jours d’un éventuel mandat. Selon des informations recueillies auprès de l’entourage de la candidate, ces groupes de travail couvrent des domaines aussi variés que la réforme des retraites, la maîtrise de l’immigration, la transition énergétique ou encore la refonte de la fonction publique.

Parallèlement, Marine Le Pen a entamé des consultations discrètes avec des personnalités extérieures au RN, notamment d’anciens hauts fonctionnaires, des économistes hétérodoxes et des magistrats. L’objectif est de constituer un vivier de ministrables capables d’incarner une « alternance crédible », selon l’expression employée par son entourage. Parmi les noms évoqués, sans confirmation officielle, figurent celui de l’ancien préfet Pierre de Bousquet, spécialiste des questions de sécurité, et de l’économiste Jean-Philippe Delsol, proche des milieux souverainistes. Aucune annonce formelle n’a toutefois été faite, la candidate souhaitant éviter les fuites prématurées.

**Analise**

Cette structuration précoce de la campagne et du futur gouvernement répond à plusieurs impératifs. D’abord, elle vise à rassurer les électeurs modérés et les milieux économiques, souvent inquiets d’une arrivée au pouvoir du RN. En présentant une équipe préparée et des propositions chiffrées, Marine Le Pen cherche à dissiper l’image d’improvisation qui a pu lui être reprochée par le passé. Ensuite, elle entend verrouiller son parti face aux velléités internes : Jordan Bardella, pressenti comme Premier ministre en cas de victoire, voit son rôle renforcé, tandis que les concurrents potentiels au sein du RN sont tenus à distance.

Sur le fond, les premières orientations gouvernementales esquissées par la candidate s’inscrivent dans la continuité de son programme de 2022, mais avec des inflexions notables. La priorité serait donnée à un référendum sur l’immigration, à une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité et à un moratoire sur les fermetures de lits d’hôpitaux. En matière de politique étrangère, Marine Le Pen a récemment nuancé ses positions sur l’OTAN et l’Union européenne, évoquant une « Europe des nations » plutôt qu’une sortie de l’euro, ce qui pourrait élargir son socle électoral.

Cependant, cette stratégie comporte des risques. La transparence partielle sur les noms des futurs ministres expose la candidate à des critiques sur le profil de certaines personnalités pressenties, notamment leur passé politique ou leurs liens avec des milieux d’extrême droite. Par ailleurs, la concurrence à droite, avec la candidature annoncée de l’ancien commissaire européen Michel Barnier (Les Républicains) et celle du président du parti Reconquête, Éric Zemmour, pourrait fragmenter l’électorat conservateur et compliquer l’accès au second tour. Enfin, la majorité sortante, bien que fragilisée, conserve des relais médiatiques et institutionnels importants.

**Fontes**

Les informations contenues dans cet article sont issues de sources publiques et vérifiables : déclarations de Marine Le Pen et de Jordan Bardella lors de conférences de presse tenues à Paris le 5 novembre 2026 ; communiqué officiel du Rassemblement national diffusé le même jour ; articles de presse nationale (Le Monde, Le Figaro, Libération) des 4 et 5 novembre 2026 ; dépêches de l’Agence France-Presse (AFP) sur la préparation de la campagne présidentielle. Aucune donnée chiffrée issue de sondages n’a été reproduite, conformément aux règles de vérification du FORTIS NEWS.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.