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Manifestations du 24 octobre : comment Bitchat, une messagerie sans Internet, s'est retrouvée en tête des téléchargements en France

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-24

À l'occasion des manifestations du 24 octobre, Bitchat, une application de messagerie hors ligne, a connu une hausse spectaculaire des téléchargements. Décryptage d'un outil qui permet de communiquer sans réseau mobile, prisé des manifestants soucieux de préserver leur anonymat.

**Lead**

Ce n'est pas un hasard si Bitchat, une application de messagerie chiffrée fonctionnant sans connexion Internet, a grimpé en flèche dans les classements de téléchargements le jeudi 24 octobre. Alors que des manifestations rassemblent plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris, Lyon, Nantes et d'autres grandes villes françaises, de nombreux participants se sont tournés vers cette technologie de communication alternative pour échanger des messages, des positions ou des alertes, sans passer par les antennes téléphoniques classiques ni les serveurs centraux. L'application, développée à l'origine pour les zones rurales et les régions frappées par des catastrophes naturelles, s'est retrouvée propulsée en tête des téléchargements sur l'App Store et Google Play dans l'Hexagone, un phénomène qui interroge sur les usages militants et citoyens des outils technologiques « low-tech ».

**Contexto**

Bitchat repose sur une technologie de maillage réseau, ou « mesh network », qui permet à chaque téléphone équipé de l'application de relayer des messages à d'autres téléphones à proximité via le Wi-Fi ou le Bluetooth, sans avoir besoin d'une connexion à Internet. Les données sont transmises de proche en proche, de manière chiffrée de bout en bout, et peuvent parcourir plusieurs dizaines de mètres entre deux téléphones. Cette architecture décentralisée rend extrêmement difficile l'interception des communications par un tiers, car il n'existe aucun serveur central qui stocke les messages. L'application, qui était à l'origine destinée à être utilisée dans des zones sinistrées, a rapidement été adoptée par des communautés cherchant à préserver leur vie privée numérique.

La popularité soudaine de Bitchat lors de la journée de mobilisation du 24 octobre n'est pas un événement isolé. Dans le passé, des applications similaires comme Signal ou Telegram ont connu des pics de téléchargements lorsque des mouvements sociaux ou des manifestations se heurtaient à des restrictions de communication ou à des craintes de surveillance. Toutefois, Bitchat se distingue par son fonctionnement hors ligne et par sa capacité à créer des réseaux locaux autonomes, même si les téléphones ne sont pas connectés à un opérateur. Cela la rend particulièrement utile dans des situations où la couverture mobile est dégradée, saturée ou coupée, comme cela peut arriver lors de rassemblements de grande ampleur dans des zones urbaines denses. Les autorités françaises, sans confirmer officiellement de coupures de réseau ce jour-là, ont déjà été observées par le passé pour des mesures de restriction des communications lors de grands événements, ce qui explique la prudence de certains manifestants.

**Analise**

Cette montée en puissance de Bitchat révèle une tendance plus profonde : la recherche par les citoyens de solutions de communication décentralisées pour garantir leur libertés d'expression et de réunion. Dans un contexte où la surveillance numérique de masse et le contrôle des communications sont devenus des préoccupations majeures de l'opinion publique, des applications comme Bitchat offrent une alternative technologique concrète. Les architectes de ces systèmes s'inspirent directement des principes de la cryptographie et des réseaux pair-à-pair, qui reposent sur l'idée qu'aucun point unique ne peut être censuré ou coupé. Pour les scientifiques et ingénieurs qui développent ces outils, il s'agit aussi d'une démonstration pratique des concepts de résilience des réseaux, un domaine de recherche actif en informatique.

Sur le plan des impacts concrets, la visibilité soudaine de Bitchat et son adoption massive lors de cette journée de mobilisation pourraient inciter les développeurs de l'application à renforcer la stabilité de leurs serveurs d'annuaire (les points de connexion initiaux qui permettent aux téléphones de se trouver sur le réseau), car une montée en charge subite peut créer des congestions. Les chercheurs en sciences sociales et en sociologie des usages numériques y verront probablement un indicateur de la méfiance croissante envers les grandes plateformes centralisées, qui collectent des données personnelles et peuvent être contraintes par la loi à coopérer avec les autorités. D'un point de vue plus large, ce mouvement s'inscrit dans une dynamique mondiale où les outils de communication décentralisés sont devenus des instruments d'émancipation citoyenne, mais aussi un sujet d'étude pour les experts en sécurité informatique qui cherchent à comprendre comment ces maillages peuvent être perturbés ou neutralisés. L'événement du 24 octobre démontre que l'innovation technologique, même modeste, peut servir de bouclier numérique lors de moments de forte tension sociale.

**Fontes**

Les informations présentées dans cette dépêche sont basées sur les rapports d'usage publics de l'application Bitchat, les données de classement des magasins d'applications ainsi que sur les analyses de chercheurs spécialisés dans les réseaux maillés sans Internet. Ces éléments sont documentés par les articles de presse technique publiés par des sites spécialisés reconnus dans le suivi des technologies de communication décentralisée.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.