Emmanuel Macron a choisi le 24 septembre 2026 pour une prise de parole exceptionnelle, diffusée en direct depuis le Palais de l’Élysée. Le président français s’est posé en protecteur de la nation, vantant les acquis de son mandat face à ce qu’il qualifie de « menaces intérieures et extérieures ». Il a insisté sur la réforme des retraites, la baisse du chômage et la réindustrialisation du pays, tout en appelant à ne pas céder aux « extrêmes ».
Ce discours intervient alors que la France se prépare à une élection présidentielle en 2027, et que les oppositions de gauche et de droite durcissent leurs critiques. Macron a cherché à verrouiller son héritage : « J’ai fait le choix de la responsabilité, pas de la facilité », a-t-il déclaré, selon le texte diffusé par l’Élysée. Il a défendu sa politique de l’offre, la baisse des impôts de production et la réduction du taux d’imposition sur les sociétés, passée de 33 % à 25 %.
Pourtant, les données officielles dressent un tableau plus contrasté. Selon le dernier rapport de la Banque de France, la dette publique française atteint 112,2 % du PIB fin 2025, un niveau record malgré la croissance modeste. Les dépenses publiques représentent encore 57 % du PIB, l’un des taux les plus élevés de l’OCDE. La Cour des comptes, dans son rapport de juin 2026, a pointé un déficit structurel persistant et une absence de réduction significative des effectifs de la fonction publique.
Pourquoi cela importe-t-il ? Parce que le récit de Macron, centré sur la protection et la maîtrise des crises, occulte le coût à long terme de ses choix. Le « quoi qu’il en coûte » déployé pendant la pandémie a sauvé des entreprises, mais a aussi gonflé la dette de plus de 400 milliards d’euros. La nationalisation d’EDF en 2023, justifiée par la souveraineté énergétique, a alourdi le bilan de l’État sans garantie de retour sur investissement. En matière de liberté économique, la France reste l’un des pays les plus taxés d’Europe, avec un taux de prélèvements obligatoires de 45 %.
Analyse FORTIS : Le discours de Macron relève d’une habile rhétorique de « protecteur », mais elle masque une réalité libérale-conservatrice imparfaite. D’un côté, il a effectué des réformes nécessaires : la flexibilisation du marché du travail via les ordonnances de 2017, la réforme des retraites (âge légal à 64 ans) et la baisse de l’impôt sur les sociétés ont redonné un peu de compétitivité. De l’autre, il a cédé à la tentation étatiste : subventions massives, contrôles des prix, et une fiscalité toujours confiscatoire. Le résultat est un État hypertrophié qui étouffe l’initiative privée. La France n’a pas réduit sa dépense publique ; elle l’a simplement réorientée.
Contrepoint : Les défenseurs de Macron rétorquent que sans ces interventions, la France aurait connu une récession plus grave. Le taux de chômage, tombé à 7 % en 2025, est le plus bas depuis quarante ans. La réindustrialisation a attiré des investissements dans les batteries électriques et l’hydrogène. Mais ces succès sont fragiles : la croissance potentielle stagne autour de 1 %, et la dette limite toute marge de manœuvre future. Le président se présente en rempart, mais son bilan est celui d’un réformateur partiel, prisonnier d’un système qu’il n’a pas osé démanteler.
Por Renan Filho · 2026-09-24