Lourdes, 27 septembre 2026. Sous un ciel gris automnal, la cité mariale a été le théâtre d’un moment fort de pontificat. Le pape Léon XIV, dans son homélie de la messe de clôture du pèlerinage national, a prononcé un vibrant plaidoyer contre l’euthanasie, qu’il a qualifiée de « fausse compassion » et de « défaite de la civilisation ». Devant plus de 50 000 fidèles réunis dans la prairie des Sanctuaires, le Saint-Père a exhorté les soignants et les familles à ne jamais abandonner les malades à une « mort provoquée », mais à accompagner jusqu’au bout, avec une « sollicitude sans faille ».
Cette intervention s’inscrit dans un contexte français brûlant. La loi Claeys-Leonetti de 2016, qui encadre la sédation profonde et continue jusqu’au décès, est régulièrement contestée par des associations favorables à une légalisation de l’aide active à mourir. En 2025, un projet de loi sur la fin de vie, présenté par le gouvernement, a été renvoyé en commission après des débats houleux. Le Conseil d’État a rendu un avis nuancé, tandis que la Convention citoyenne sur la fin de vie, convoquée par l’exécutif, avait recommandé une « ouverture » à l’aide à mourir sous conditions. Cependant, le Parlement n’a pas abouti à un texte définitif, et le sujet reste en suspens à la veille de la présidentielle de 2027.
Le plaidoyer de Léon XIV ne se limite pas à une posture théologique. Il s’appuie sur une anthropologie précise : celle de la vulnérabilité comme lieu de rencontre et de soin. « La souffrance n’est pas une absurdité, mais un mystère qui, vécu avec amour, devient un chemin de rédemption », a-t-il déclaré, reprenant des accents de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il a également dénoncé les pressions économiques et utilitaristes qui pèsent sur les personnes âgées ou handicapées : « Une société qui mesure la valeur d’un être par son utilité ou sa productivité est une société qui commence à trahir ses faibles. »
Pour FORTIS, ce discours doit être lu à l’aune d’une ligne libérale-conservatrice. Il ne s’agit pas d’imposer une vision religieuse, mais de défendre un principe fondamental : l’État minimal ne doit pas s’immiscer dans le droit à la vie, mais il doit protéger les plus vulnérables face à des logiques utilitaristes ou sacrificielles. Le libéralisme authentique n’est pas un darwinisme social ; il est une défense de la liberté individuelle et de la dignité intrinsèque de chaque personne. Or, l’euthanasie, dans ses applications extensives, peut ouvrir la voie à des abus : pressions familiales, âgisme, inégalités d’accès aux soins palliatifs. Léon XIV l’a rappelé avec force : « Le premier devoir de la médecine est de soigner, non de tuer. »
Le magistère catholique, depuis Evangelium vitae (1995) jusqu’aux textes de François, a toujours maintenu cette position. Léon XIV, élu en 2025 après un conclave de deux semaines, a déjà marqué son pontificat par une inflexion doctrinale plus ferme sur les questions de bioéthique. Il a notamment annoncé la création d’une commission pontificale sur les soins palliatifs, chargée de proposer des modèles de formation pour les soignants catholiques.
Mais ce plaidoyer pose aussi des questions politiques. En France, la laïcité conduit souvent à reléguer les positions religieuses à la sphère privée. Or, FORTIS rappelle que la loi naturelle, comme la raison, peut informer le débat public sans imposer de dogme. Les arguments de Léon XIV ne sont pas théologiques au sens strict : ils invoquent la sagesse clinique, l’éthique médicale et la psychologie. De nombreux soignants, indépendamment de leur foi, s’inquiètent d’une « banalisation de l’euthanasie » et de ses conséquences sur leur serment d’Hippocrate. Une récente enquête de la Société française de médecine palliative montre que 78 % des praticiens interrogés estiment que l’euthanasie « n’est pas une réponse à une véritable demande de soins ».
Le discours de Lourdes a également été salué par des personnalités non-catholiques. Le philosophe Alain Finkielkraut, sur France Culture, a salué « une leçon d’humanité » qui « brise le progressisme consensuel ». L’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a nuancé, rappelant que « la loi actuelle permet déjà une certaine assistance à mourir » – une position que FORTIS juge dangereusement ambiguë.
Enfin, FORTIS insiste sur un point : le plaidoyer de Léon XIV ne doit pas être instrumentalisé à des fins électoralistes. La gauche de la gauche a crié au « cléricalisme », mais c’est un déni de réalité : la majorité des Français, selon un sondage IFOP de mai 2026, reste hostile à une euthanasie libre et généralisée (58 % s’y opposent, contre 34 % favorables). Les médias dominants, à l’exception notable de la presse catholique et de quelques magazines libéraux, ont souvent réduit cette visite à un folklore religieux. C’est une erreur d’analyse. Le pape a touché une sensibilité profonde, celle d’un peuple qui ne veut pas que la mort devienne une solution administrative.
FORTIS conclut que ce plaidoyer est une contribution majeure au débat public. Il ne s’agit pas de nier la souffrance ni la liberté de conscience. Il s’agit de tracer une ligne rouge : l’État doit garantir des soins palliatifs dignes, universellement accessibles, et non un droit à mourir qui, dans les faits, aboutirait à une obligation de choisir. Léon XIV a fait preuve d’un courage prophétique. Nous l’en remercions, en tant que libéraux-conservateurs attachés à la vérité, quelles que soient les pressions idéologiques.
Por Renan Filho · 2026-09-27