**Lead**
Les premières estimations des médias israéliens, publiées ce mardi soir à la fermeture des bureaux de vote, donnent une légère avance au bloc de l’opposition mené par Yair Lapid et Benny Gantz. Selon ces projections, ce camp obtiendrait entre 56 et 58 sièges sur les 120 de la Knesset, loin de la majorité absolue de 61 sièges. Le camp du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, allié aux partis religieux et d’extrême droite, obtiendrait entre 52 et 54 sièges. Les deux blocs se retrouvent ainsi dans une impasse, et la formation d’un gouvernement dépendra des partis arabes et de la petite formation de centre droit Israel Beytenou d’Avigdor Lieberman.
**Contexte**
Ces élections législatives, les cinquièmes en moins de quatre ans, interviennent dans un climat de profonde polarisation politique. Depuis la dissolution de la Knesset en juin dernier, le pays a été gouverné par un gouvernement intérimaire dirigé par Yaïr Lapid. La campagne a été marquée par des attaques personnelles, des accusations de corruption et des débats houleux sur la réforme judiciaire proposée par Netanyahou. Le Likoud, parti de droite dirigé par Netanyahou, espérait rebondir après la perte de sa majorité en 2021. De son côté, l’alliance Yesh Atid – Bleu et Blanc, associée à l’Union des partis de droite et à Meretz, a fait campagne sur la stabilité politique et le rejet d’un exécutif dominé par les ultra-orthodoxes.
Les premiers résultats officiels sont attendus dans les prochaines heures, mais les sondages de sortie des urnes, réalisés par les grandes chaînes de télévision israéliennes (Kan, Reshet, Keshet), sont généralement fiables. Ils indiquent un scrutin très serré, avec un taux de participation estimé à 67 %, légèrement inférieur à celui de 2021.
**Analyse**
L’absence de majorité claire ouvre la voie à des semaines de négociations complexes. Le président Isaac Herzog devra consulter les chefs de partis pour désigner le candidat le mieux placé pour former un gouvernement. Si Netanyahou et Lapid ne parviennent pas à rassembler 61 sièges, l’hypothèse d’un gouvernement d’unité nationale ou d’une coalition incluant les partis arabes (la Liste arabe unie Ra’am) pourrait refaire surface. Cependant, toute alliance avec les formations arabes est politiquement sensible dans le camp sioniste. Avigdor Lieberman, dont le parti Israel Beytenou obtient selon les estimations entre 5 et 6 sièges, se pose en faiseur de rois. Il a déjà exclu de siéger dans un gouvernement où les ultra-orthodoxes auraient un poids déterminant.
L’enjeu de ces élections dépasse le simple équilibre des forces politiques. Il s’agit aussi de l’avenir de la démocratie israélienne, entre la volonté de Netanyahou de renforcer le pouvoir exécutif et la défense de l’indépendance judiciaire portée par l’opposition. À l’international, une coalition faible pourrait fragiliser les relations avec les États-Unis et freiner les efforts de normalisation avec les pays arabes. L’Iran, la question palestinienne et la sécurité intérieure restent des sujets brûlants qui attendent un gouvernement stable.
**Fontes**
Les informations de cet article sont basées sur les premières estimations publiées par les médias israéliens : Kan 11, Reshet 13, et Keshet 12 (sondages de sortie des urnes). Les données officielles provisoires seront communiquées par la Commission électorale centrale d’Israël. L’analyse s’appuie sur les commentaires de politologues israéliens cités par la presse locale (Haaretz, The Jerusalem Post, Ynet) ainsi que sur les dépêches de l’Agence France-Presse.
Por Renan Filho · 2026-10-27