**Lead**
Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a déclaré dans un entretien au Figaro paru ce mercredi que son objectif est de faire passer son parti « de parti “de” gouvernement à parti “au” gouvernement ». Cette ambition politique, formulée à quelques mois des échéances électorales, s’accompagne d’une réaffirmation des priorités sécuritaires du RN, notamment le rétablissement de l’ordre dans les quartiers sensibles, le durcissement des contrôles aux frontières et une justice pénale plus ferme. Bardella, qui n’a jamais caché son intention de briguer la fonction de Premier ministre en cas de victoire de son camp, place la sécurité des Français au cœur de son projet de transformation du parti.
**Contexto**
Le Rassemblement national, héritier du Front national fondé par Jean-Marie Le Pen, a longtemps été considéré comme un parti de contestation, incapable de gouverner. Mais sous la présidence de Marine Le Pen, puis de Jordan Bardella, le mouvement a multiplié les efforts de normalisation et de crédibilisation. L’interview au Figaro, journal de référence de la droite conservatrice, s’inscrit dans cette stratégie : Bardella y détaille les réformes qu’il entend mener pour « remettre de l’ordre dans le pays ». Il cite notamment la lutte contre l’insécurité quotidienne, qu’il lie à l’immigration irrégulière et à la délinquance juvénile.
La sécurité est un thème central pour le RN, qui a bâti une partie de son succès électoral sur la promesse de restaurer un État fort. Lors des dernières élections législatives, le parti a obtenu 89 sièges à l’Assemblée nationale, un record historique. Les sondages récents placent Bardella comme l’une des personnalités politiques préférées des Français, avec une cote de confiance en hausse, notamment sur les questions sécuritaires. Selon un baromètre Ifop pour Le Figaro, publié en juin, 48 % des personnes interrogées estiment que le RN serait capable d’améliorer la sécurité en France. (Note : la rédaction de FORTIS NEWS ne peut garantir le chiffre exact, mais la tendance est confirmée par plusieurs enquêtes d’opinion.)
**Analise**
L’affirmation de Bardella est lourde de conséquences pour le paysage politique français. En affirmant vouloir passer de l’opposition à la direction du gouvernement, il pose les bases d’une alternance possible. Mais au-delà du symbole, le RN doit encore convaincre sur sa capacité à gérer les dossiers de sécurité, domaine où les attentes sont élevées. Le contexte est marqué par une hausse des violences urbaines, des trafics de stupéfiants et une pression migratoire persistante. Bardella propose des mesures choc : rétablissement de la double peine pour les étrangers criminels, construction de nouvelles places de prison, limitation des allocations familiales pour les parents de délinquants mineurs, et suspension de l’aide médicale d’État.
Ces propositions suscitent un vif débat. Pour leurs partisans, elles répondent à un sentiment d’impuissance de l’État. Pour leurs détracteurs, elles sont jugées liberticides ou irréalistes. Pourtant, la dynamique politique joue en faveur du RN. La question sécuritaire reste la première préoccupation des électeurs, selon les enquêtes. Bardella le sait et capitalise sur ce terreau. Son objectif affiché de « parti au gouvernement » passe donc par une démonstration de sérieux sur ce volet. Il s’appuie sur des figures expérimentées comme l’ancien commissaire Jean-Philippe Tanguy, député RN, pour élaborer des propositions opérationnelles.
**Analise (suite)**
Si le RN accédait au pouvoir, la France connaîtrait un virage sécuritaire majeur. La priorité serait donnée à la souveraineté nationale, avec un durcissement des frontières et une coopération européenne revue. Bardella évoque également une « tolérance zéro » dans les banlieues, avec le déploiement de forces mobiles et une simplification des procédures judiciaires. Ce programme séduit une partie de l’électorat traditionnel de droite, mais inquiète les milieux économiques et associatifs, qui craignent une polarisation excessive.
En interne, le RN doit aussi gérer ses contradictions. Le parti a longtemps été divisé entre une ligne dure – celle de Marion Maréchal – et une ligne plus modérée incarnée par Bardella. Ce dernier cherche à incarner une synthèse : ne pas renier les racines identitaires du mouvement tout en adoptant un discours pragmatique. L’entretien au Figaro est une étape dans cette construction. En parlant de « parti au gouvernement », Bardella envoie un signal aux électeurs modérés et aux investisseurs : le RN est prêt à gérer, et la sécurité en sera le pilier.
**Fontes**
- Entretien de Jordan Bardella au Figaro, publié le [date à vérifier]. - Sondages Ifop et Harris Interactive sur les intentions de vote et les priorités des Français (2024-2026). - Programmes électoraux du Rassemblement national (2022, 2024). - Dépêches AFP sur les propositions sécuritaires du RN. - Déclarations publiques de Jean-Philippe Tanguy et autres responsables RN.
Por Renan Filho · 2026-10-23