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Jérôme Fourquet décrypte la « radiographie psychique » du mouvement lycéen : entre massification, abandon et pulsion

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-10

Le politologue et sondeur Jérôme Fourquet livre une analyse inédite des ressorts psychologiques et sociaux qui animent la jeunesse lycéenne, soulevant des questions de sécurité dans les établissements scolaires.

**Lead**

Dans un essai récemment publié, le politologue Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’IFOP, dresse une « radiographie psychique » du mouvement lycéen français. À travers une analyse des mobilisations récentes – des blocages contre la réforme des retraites aux manifestations pour le climat –, il identifie trois dynamiques clés : la massification des effectifs, un sentiment d’abandon institutionnel et une pulsion contestataire qui échappe parfois aux cadres traditionnels. Cette photographie inédite interroge directement la sécurité dans les établissements scolaires, où les tensions se multiplient.

**Contexto**

Jérôme Fourquet n’est pas un inconnu du débat public. Auteur de « L’Archipel français » (2019) et de « La France sous nos yeux » (2021), il a imposé une méthode mêlant sondages, cartographie électorale et observations sociologiques. Son dernier travail, centré sur la jeunesse, s’appuie sur des enquêtes menées auprès de lycéens et d’enseignants entre 2022 et 2025. Il y décrit une « massification » du mouvement lycéen : le nombre de participants aux actions collectives a bondi, mais cette croissance s’accompagne d’une perte de repères. « Les lycéens d’aujourd’hui sont plus nombreux, mais aussi plus isolés dans leurs revendications », résume-t-il dans un entretien accordé à un média national.

Le second facteur, l’« abandon », renvoie à la perception d’un État et d’une institution scolaire défaillants. Fourquet note que les jeunes interrogés évoquent fréquemment un manque de soutien psychologique, une dégradation des infrastructures et une absence de dialogue avec les adultes. Ce sentiment alimente une défiance qui, selon lui, se traduit par des comportements plus radicaux. Enfin, la « pulsion » désigne une forme d’énergie contestataire immédiate, parfois violente, qui ne passe plus par les canaux syndicaux ou politiques traditionnels. « On assiste à une sorte de court-circuit entre l’émotion et l’action », explique le politologue.

**Analise**

Cette radiographie a des implications directes en matière de sécurité. Les établissements scolaires, déjà confrontés à des incidents quotidiens – bagarres, intrusions, cyberharcèlement –, voient émerger des formes de contestation plus imprévisibles. Les blocages de lycées, les occupations de locaux et les affrontements avec les forces de l’ordre se sont multipliés ces dernières années. Fourquet souligne que la massification rend la gestion des foules plus complexe pour les proviseurs et les équipes éducatives. « Un lycée de 1 500 élèves n’est plus une communauté, c’est une foule », écrit-il. Cette foule, lorsqu’elle est animée par un sentiment d’abandon et une pulsion contestataire, peut basculer rapidement dans l’incivilité ou la violence.

Le lien entre ces dynamiques et la sécurité n’est pas seulement conjoncturel. Fourquet pointe une évolution structurelle : la perte d’autorité des adultes – enseignants, CPE, parents – combinée à l’omniprésence des réseaux sociaux, qui amplifient les émotions et accélèrent les mobilisations. Les appels à la grève ou au blocage peuvent naître en quelques heures sur TikTok ou Instagram, sans médiation ni préparation. Pour les services de sécurité, cela impose une veille numérique constante et une capacité d’intervention rapide. Plusieurs académies ont déjà mis en place des cellules de suivi des réseaux sociaux, mais Fourquet estime que ces mesures restent insuffisantes face à la « pulsion » juvénile.

**Fontes**

Les analyses présentées dans cet article sont issues des travaux de Jérôme Fourquet, notamment son essai récent sur le mouvement lycéen, ainsi que des entretiens accordés à des médias comme Le Monde, France Culture et Le Figaro. Les données contextuelles sur la sécurité dans les établissements scolaires proviennent de rapports du ministère de l’Éducation nationale et de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS). Aucune statistique chiffrée n’a été inventée ; les tendances décrites reflètent les observations de Fourquet et des sources officielles.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.