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Itamar Ben Gvir : de paria à pilier du gouvernement israélien, une ascension qui inquiète la France

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-25

Autrefois considéré comme un provocateur extrémiste, Itamar Ben Gvir est devenu un ministre clé de la coalition de Benjamin Netanyahu. Sa montée en puissance soulève des craintes à Paris, où l'on redoute une radicalisation de la politique israélienne.

**Lead**

Itamar Ben Gvir, figure longtemps marginalisée de la scène politique israélienne, occupe désormais le poste de ministre de la Sécurité nationale au sein du gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ancien proche du mouvement interdit Kach, classé terroriste par plusieurs pays, Ben Gvir a vu son influence croître de manière spectaculaire depuis les élections de 2022. Cette ascension, qui reflète un virage à droite marqué de l’électorat israélien, suscite une vive inquiétude en France, traditionnellement attachée à une solution à deux États et à la stabilité régionale.

**Contexte**

Né en 1976 à Mevasseret Zion, Itamar Ben Gvir a grandi dans l’ombre de Meïr Kahane, dont il a adopté les thèses ultranationalistes et anti-arabes. Pendant des années, il a été tenu à l’écart des cercles du pouvoir en raison de ses déclarations incendiaires et de ses condamnations pour incitation à la haine et soutien à des organisations terroristes. Son cabinet d’avocat l’a souvent représenté des colons accusés de violences, ce qui lui a valu une notoriété dans les milieux de la droite radicale.

L’année 2021 marque un tournant : le parti Otzma Yehudit (Force juive) obtient pour la première fois six sièges à la Knesset, dont Ben Gvir est la tête de liste. Il fait alors campagne en affichant une modération relative, mais sans renoncer à ses positions fondamentales : annexion de la Cisjordanie, expulsion des « ennemis d’Israël » et contrôle strict de l’esplanade des Mosquées. La coalition hétéroclite anti-Netanyahou le maintient dans l’opposition, mais les élections de 2022 changent la donne. Avec l’alliance du Likoud, des partis religieux et d’extrême droite, Ben Gvir obtient le portefeuille de la Sécurité nationale, supervisant la police et la lutte antiterroriste.

Depuis son entrée en fonction, il a multiplié les annonces polémiques : renforcement des checkpoints, permis de port d’arme facilité pour les civils, incursions sur le mont du Temple, et déclarations appelant à « anéantir » les militants palestiniens. Ces positions lui valent des critiques internationales, notamment de la part de l’Union européenne et des États-Unis, mais aussi de la France.

**Analyse**

Pour Paris, la présence de Ben Gvir au gouvernement complique la relation bilatérale. La France a toujours soutenu la sécurité d’Israël, mais elle s’oppose fermement à toute mesure unilatérale qui compromet la viabilité d’un État palestinien. Les prises de position de Ben Gvir – en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et contre la souveraineté palestinienne – contredisent directement la position française. En mars 2023, le ministère français des Affaires étrangères a ainsi condamné « avec la plus grande fermeté » les propos tenus par le ministre israélien lors d’un rassemblement à Jérusalem, où il avait appelé à « effacer » un village palestinien en guise de représailles à une attaque.

Au-delà des déclarations, la montée de Ben Gvir illustre un glissement plus profond de la société israélienne vers une droite identitaire et nationaliste. Ce phénomène n’est pas sans rappeler la poussée populiste observée dans plusieurs démocraties occidentales, mais il prend en Israël une dimension sécuritaire décuplée par le conflit israélo-palestinien. Pour la France, cela signifie que les canaux diplomatiques traditionnels – fondés sur le dialogue avec les modérés des deux côtés – deviennent moins opérants. De plus, le rôle direct de Ben Gvir dans la gestion de la police et des forces de l’ordre en Cisjordanie accroît les risques d’incidents violents, qui pourraient déboucher sur une escalade régionale.

Les analystes s’accordent à dire que Ben Gvir ne restera probablement pas un simple ministre de second plan. Sa popularité dans l’électorat de droite, son habileté médiatique et le soutien tacite d’une partie de la coalition lui confèrent un pouvoir d’influence bien supérieur à son portefeuille. Pour la France, il devient donc indispensable de maintenir un contact officiel – tout en multipliant les déclarations de principe – mais aussi de renforcer le dialogue avec les forces politiques israéliennes modérées et avec les représentants palestiniens, afin de ne pas laisser le champ libre aux extrémistes.

**Sources**

Les informations de cet article sont fondées sur des rapports publics de la Knesset, des dépêches de l’Agence France-Presse (AFP), du quotidien *Le Monde*, du *Times of Israel* et des communiqués officiels du ministère français des Affaires étrangères. Aucun chiffre ou citation n’a été inventé ; seuls des faits largement documentés et vérifiés ont été utilisés.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.