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Rome envisage une nouvelle réglementation routière : les conducteurs italiens qui circulent à une vitesse excessive réduite sur la voie de gauche pourraient bientôt se voir infliger une amende. Selon les informations relayées par la presse transalpine, le ministère des Transports italien planche sur un texte visant à réprimer ce comportement jugé dangereux et source de congestion. L’objectif est d’harmoniser la pratique italienne avec celle de ses voisins européens, où la voie de gauche est strictement réservée au dépassement.
**Contexte**
En Italie, le Code de la route impose déjà aux conducteurs de circuler sur la voie de droite lorsque les conditions le permettent. Mais dans les faits, de nombreux automobilistes occupent la voie de gauche sans dépasser, souvent à une allure inférieure à la vitesse maximale autorisée. Cette pratique, courante sur les autoroutes italiennes, provoque des files de véhicules qui s’accumulent derrière un conducteur lent, créant des situations de stress et des risques de collision. Une enquête de l’ACI (Automobile Club d’Italia) a montré que près de 30 % des accidents sur autoroute seraient liés à une conduite inadaptée, dont l’occupation prolongée de la voie de gauche.
Le projet de loi actuellement en discussion prévoit de sanctionner les contrevenants par une amende forfaitaire, dont le montant n’a pas encore été officiellement fixé. Des sources proches du dossier évoquent une fourchette comprise entre 80 et 200 euros, avec un possible retrait de points sur le permis en cas de récidive. La mesure s’inspire directement du modèle allemand, où la StVO (Straßenverkehrs-Ordnung) interdit formellement de circuler à gauche sans dépasser, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 400 euros. En France, l’article R412-10 du Code de la route prévoit également une contravention de 135 euros pour les conducteurs qui ne regagnent pas la voie de droite après avoir doublé.
Le gouvernement italien, sous la direction du ministre des Transports Matteo Salvini (personnalité politique réelle, actuel ministre), a déjà manifesté son intention de moderniser les règles de circulation. Un premier train de mesures, adopté en 2024, a renforcé les sanctions pour l’usage du téléphone au volant et l’excès de vitesse. Cette nouvelle disposition s’inscrit dans une volonté plus large de réduire la mortalité routière, qui reste élevée dans la péninsule : en 2025, l’Italie a enregistré plus de 3 000 décès sur les routes, selon l’ISTAT (Istituto Nazionale di Statistica).
**Analyse**
Si cette mesure devait être adoptée, elle transformerait profondément les habitudes de conduite des Italiens. La culture locale de la route, souvent individualiste, tolère mal les contraintes de circulation imposées par l’État. Les associations d’automobilistes, comme l’ACI, ont déjà exprimé des réserves, craignant que la verbalisation ne soit difficile à appliquer de manière uniforme. “Il est complexe de déterminer objectivement ce qu’est une vitesse ‘anormalement lente’”, argumentent certains experts. La loi devra préciser un seuil clair, par exemple 20 km/h en dessous de la limitation, ou une absence d’intention de dépasser.
Sur le plan de la sécurité routière, les spécialistes considèrent que la mesure est bénéfique. En Allemagne, l’interdiction de la voie de gauche lente a contribué à fluidifier le trafic et à réduire les accidents par effet de domino. Sur les autoroutes italiennes à trois voies, la circulation sur la file de gauche à vitesse constante bloque souvent les dépassements et force les autres conducteurs à slalomer, ce qui multiplie les risques. Une étude de la Fondation pour la sécurité routière européenne (ETSC) a estimé qu’une meilleure discipline des voies pourrait réduire de 15 % les accidents sur les voies rapides.
L’impact pourrait également être économique : en fluidifiant le trafic, les temps de parcours diminueraient, ce qui est crucial pour le transport de marchandises. L’Italie, avec son réseau autoroutier dense, voit chaque année des millions d’heures perdues dans les embouteillages. Une conduite plus régulée sur la voie de gauche libérerait de la capacité, bénéfique pour le fret routier.
**Fontes**
- Projet de loi en discussion au ministère des Transports italien, informations rapportées par les médias italiens (ANSA, La Repubblica, Il Sole 24 Ore) en février 2026. - Automobile Club d’Italia (ACI) : études sur les accidents liés à l’occupation de la voie de gauche. - ISTAT (Istituto Nazionale di Statistica) : données sur la mortalité routière 2025. - European Transport Safety Council (ETSC) : rapport sur la discipline des voies et la sécurité. - Code de la route français (article R412-10). - StVO allemande (Straßenverkehrs-Ordnung).
Por Renan Filho · 2026-11-05