**Lead**
« Sortez et allez voter ! » : ce cri de ralliement résonne dans les rues de Jérusalem et de Tel-Aviv alors que le bloc du Premier ministre Benyamin Netanyahou tente de mobiliser ses électeurs à quelques jours du scrutin législatif israélien. Face à des sondages qui annoncent une lutte acharnée entre le camp du Likoud et l’opposition centriste, la coalition sortante mise sur un appel direct aux électeurs religieux, nationalistes et séfarades pour éviter l’érosion de son assise parlementaire.
**Contexte**
Le système politique israélien, fragmenté depuis plusieurs cycles électoraux, a plongé le pays dans une paralysie institutionnelle récurrente. En 2024 et 2025, les élections répétées n’ont pas permis de dégager une majorité stable. Le bloc Netanyahou, qui comprend le Likoud, les partis ultraorthodoxes (Shas, Judaïsme unifié de la Torah) et les formations d’extrême droite (Otzma Yehudit, Sionisme religieux), tente de conserver le pouvoir malgré les procès pour corruption en cours contre le Premier ministre. La campagne actuelle, lancée avec le slogan en français « Sortez et allez voter ! », est une tentative de capter l’électorat francophone et séfarade, traditionnellement plus mobilisé sur des thèmes identitaires et sécuritaires. Netanyahou lui-même a multiplié les apparitions télévisées et les meetings, insistant sur la nécessité de « voter pour la droite afin d’éviter un gouvernement de gauche faible ».
L’opposition, menée par Yair Lapid (Yesh Atid) et Benny Gantz (Union nationale), mise sur une coalition large incluant des partis arabes et de gauche, mais elle reste handicapée par des divisions internes. Les sondages indiquent un possible statu quo, avec un léger avantage pour le bloc Netanyahou, mais une forte proportion d’indécis – notamment parmi les jeunes et les électeurs laïques de la classe moyenne, souvent tentés par l’abstention.
Le taux de participation est historiquement crucial en Israël. Lors du dernier scrutin, il a atteint environ 70 %, un chiffre qui avait favorisé le camp de la droite. Mais des signes de lassitude électorale se manifestent, en particulier dans les zones périurbaines et les villes mixtes. Pour contrer cette tendance, le Likoud a déployé des équipes de terrain, des camionnettes sonorisées et des campagnes numériques ciblées. L’appel « Sortez et allez voter ! » est diffusé enhébreu, arabe et français, en raison d’une forte communauté francophone en Israël, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes.
**Analyse**
L’enjeu de cette campagne de mobilisation dépasse le simple score électoral. Pour Netanyahou, un faible taux de participation dans son électorat traditionnel pourrait le priver de quelques sièges décisifs, le forçant à chercher des alliances à droite ou à dissoudre la Knesset pour de nouvelles élections – un scénario que ses adversaires espèrent. La stratégie de l’appel aux urnes reflète aussi la crainte d’un vote punitif sur des questions économiques: l’inflation, la hausse du coût de la vie et la crise du logement touchent les classes populaires, base électorale du Likoud. En mobilisant sur le thème de l’identité et de la sécurité – avec la menace iranienne et les tensions en Cisjordanie – le bloc cherche à polariser le débat et à réduire l’impact des préoccupations socio-économiques.
D’un point de vue géopolitique, l’issue du scrutin aura des répercussions sur le processus de paix, les relations avec les États-Unis et l’Europe, ainsi que sur la politique de colonisation. Une victoire de Netanyahou conforterait la ligne dure vis-à-vis des Palestiniens, tandis qu’une alternance pourrait rouvrir des négociations, mais l’aformation d’une coalition exige des concessions mutuelles. La campagne « Sortez et allez voter ! » est donc un baromètre de l’engagement civique dans un pays où la démocratie est régulièrement mise à l’épreuve par les crises politiques.
**Fontes**
Ce article s’inspire de reportages de médias israéliens tels que Haaretz, The Jerusalem Post et Walla, ainsi que d’analyses de politologues spécialistes de la vie politique israélienne, notamment ceux de l’Institut israélien de la démocratie. Les données électorales antérieures sont issues des rapports officels de la Commission électorale centrale d’Israël.
Por Renan Filho · 2026-10-27