**Lead**
Le parquet a requis ce mercredi une peine de cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate à l'encontre de Sébastien Delogu, député de la France Insoumise (LFI) élu dans les Bouches-du-Rhône. La demande a été formulée lors d'une audience devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre d'une affaire où le député est poursuivi pour des propos tenus lors d'un rassemblement politique en 2023. Si cette peine était confirmée par le tribunal, elle priverait immédiatement Delogu de son mandat et l'empêcherait de se présenter à toute élection pendant cinq ans, sans attendre un éventuel appel.
**Contexte**
Sébastien Delogu, figure montante de la gauche radicale, est connu pour ses prises de position tranchées et son style frondeur. Élu député en 2022 dans la circonscription de Marseille, il s'est rapidement fait remarquer par ses interventions virulentes à l'Assemblée nationale et ses déclarations polémiques sur les réseaux sociaux. L'affaire qui lui vaut cette réquisition remonte à une manifestation contre la réforme des retraites, au cours de laquelle il aurait proféré des insultes envers un élu local, selon la plainte déposée. L'intéressé a toujours nié les faits, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
La procédure a connu plusieurs rebondissements. Après une enquête préliminaire, le parquet avait d'abord classé l'affaire sans suite, avant que la partie civile ne fasse pression pour rouvrir le dossier. Finalement, une information judiciaire a été ouverte, et Delogu a été mis en examen pour outrages et provocation à la haine. L'audience de ce mercredi portait sur les réquisitions du parquet, qui a estimé que les faits étaient suffisamment établis pour justifier une peine lourde. La défense du député a plaidé la relaxe, dénonçant une instrumentalisation politique de la justice.
**Analyse**
Cette réquisition, si elle était suivie par le tribunal, aurait des conséquences politiques majeures. D'abord, elle priverait la France Insoumise d'un de ses députés les plus actifs dans la circonscription de Marseille, une ville clé pour la gauche. Ensuite, elle enverrait un signal fort sur la tolérance zéro du système judiciaire à l'égard des propos jugés excessifs tenus par des élus. Delogu s'est déjà présenté comme une victime d'une « justice de classe », et ses soutiens dénoncent une attaque contre la liberté d'expression des opposants politiques.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des questions plus larges sur la proportionnalité des peines d'inéligibilité. Actuellement, le code électoral permet aux juges de prononcer des peines complémentaires d'inéligibilité pour des infractions pénales, mais leur exécution immédiate, même en cas d'appel, est rare et réservée aux cas les plus graves. Si le tribunal suivait les réquisitions, cela créerait un précédent pour d'autres élus poursuivis pour des propos polémiques. À l'inverse, une relaxe serait perçue comme un blanc-seing pour les outrances verbales en politique.
**Sources**
Sources : Parquet de Marseille, dépêches de presse, décisions judiciaires accessibles au public.
Por Renan Filho · 2026-10-21