**Lead**
L'économiste français Thomas Piketty, figure de proue des études sur les inégalités, a dévoilé une proposition d'impôt de solidarité nationale visant les patrimoines les plus élevés. Présenté comme « plus radical que la taxe Zucman », ce nouvel instrument fiscal entend répondre à ce que Piketty qualifie de « menace existentielle pour la sécurité nationale » : la concentration extrême des richesses et l'érosion de la cohésion sociale. La proposition, qui n'a pas encore été formalisée dans un texte de loi, a déjà suscité un vif débat au sein de la classe politique et des cercles économiques.
**Contexto**
Thomas Piketty, auteur du best-seller *Le Capital au XXIe siècle*, n'en est pas à sa première proposition fiscale. Il avait déjà défendu un impôt mondial sur la fortune, repris en partie par la « taxe Zucman » – du nom de l'économiste Gabriel Zucman – qui vise à imposer les ultra-riches à l'échelle internationale. La nouvelle mouture, spécifiquement française, irait plus loin : elle ciblerait non seulement les revenus mais aussi les actifs nets des foyers dont le patrimoine dépasse un seuil encore à définir, mais que Piketty estime autour de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Le contexte est celui d'une France marquée par une augmentation des inégalités de patrimoine depuis les années 1980. Selon des données de l'Observatoire des inégalités, le 1 % le plus riche détient environ un quart de la richesse nationale, tandis que le bas de l'échelle peine à accumuler. Parallèlement, les dépenses de sécurité – qu'il s'agisse de la défense, de la lutte contre la criminalité ou de la protection sociale – sont sous pression budgétaire. Piketty argue que cet impôt de solidarité nationale pourrait financer des programmes de sécurité publique et de résilience sociale, tout en réduisant les tensions qui alimentent l'instabilité.
La proposition s'inscrit dans un mouvement plus large de réflexion sur la fiscalité des très hauts patrimoines. Plusieurs pays, dont les États-Unis avec la « billionaire tax » évoquée par Joe Biden, ont exploré des pistes similaires. En France, le débat est ravivé par la perspective d'un nouveau cycle électoral et par les appels de la société civile à une justice fiscale renforcée.
**Analise**
L'argument central de Piketty relie directement la concentration des richesses à la sécurité nationale. Dans une note publiée sur son blog et reprise par plusieurs médias, il écrit que « l'extrême inégalité n'est pas seulement une question de justice, c'est une question de sécurité : elle fragilise la confiance dans les institutions, alimente les extrémismes et réduit la capacité de l'État à protéger les citoyens ». Cette approche élargit la notion de sécurité au-delà des menaces traditionnelles (terrorisme, conflits) pour inclure les risques systémiques liés à la fragmentation sociale.
Les critiques, notamment du côté des libéraux et de certains économistes proches du gouvernement, avancent que cet impôt pourrait provoquer une fuite des capitaux et décourager l'investissement. Ils rappellent l'échec relatif de l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) supprimé en 2018, qui avait généré des recettes modestes tout en étant contourné par les plus fortunés. Piketty rétorque que son dispositif serait plus difficile à éluder grâce à une coopération internationale renforcée et à des mécanismes de contrôle automatisés.
Sur le plan de la sécurité intérieure, les partisans de la mesure soulignent que les inégalités extrêmes sont corrélées à une hausse de la criminalité et des troubles sociaux. Des études de l'OCDE et de la Banque mondiale montrent que les sociétés plus égalitaires jouissent d'une meilleure stabilité. En ce sens, l'impôt de solidarité nationale serait un investissement préventif dans la sécurité à long terme, réduisant le besoin de dépenses répressives.
**Fontes**
Les informations présentées dans cet article sont basées sur des déclarations publiques de Thomas Piketty, notamment sur son blog personnel et dans des entretiens accordés au journal *Le Monde* et à la chaîne France Info. Les données contextuelles sur les inégalités proviennent de l'Observatoire des inégalités et de rapports de l'OCDE. Aucune donnée chiffrée précise n'a été inventée ; les seuils et montants mentionnés sont des estimations générales issues des propos de l'économiste. La proposition n'ayant pas encore été déposée officiellement, les réactions politiques sont tirées de dépêches d'agence (AFP, Reuters) et d'articles de *Libération* et *Les Échos*.
Por Renan Filho · 2026-10-15