**Lead**
Une rencontre qualifiée de « premier pas pour rétablir la confiance mutuelle » s’est tenue à Kyiv, marquant une nouvelle tentative de rapprochement entre la Hongrie et l’Ukraine. Le ministre hongrois des Affaires étrangères et le ministre ukrainien des Affaires étrangères ont affiché, à l’issue de leurs discussions, une volonté commune de normaliser des relations bilatérales profondément dégradées depuis plusieurs années. La déclaration conjointe, sobre mais sans précédent récent, intervient dans un contexte où Budapest et Kyiv doivent conjuguer leurs positions au sein de l’Union européenne et face à la guerre déclenchée par la Russie.
**Contexto**
Les tensions entre la Hongrie et l’Ukraine ne datent pas d’hier. Elles se sont cristallisées autour de la situation de la minorité hongroise de Transcarpathie, une région de l’ouest de l’Ukraine où vivent environ 100 000 personnes d’origine hongroise. Budapest a longtemps accusé Kyiv de violer les droits linguistiques de cette communauté, notamment après l’adoption en 2017 de la loi ukrainienne sur l’éducation qui restreignait l’enseignement dans les langues minoritaires. En réponse, la Hongrie a bloqué ou menacé de bloquer plusieurs initiatives de l’OTAN et de l’Union européenne concernant l’Ukraine, exigeant des garanties sur les droits des Hongrois de Transcarpathie.
La guerre déclenchée par la Russie en février 2022 a encore compliqué l’équation. D’un côté, la Hongrie a condamné l’invasion et accueilli des centaines de milliers de réfugiés ukrainiens. De l’autre, elle a refusé de livrer des armes à Kyiv, maintenu des relations économiques avec Moscou, et contesté à plusieurs reprises les paquets d’aide européenne à l’Ukraine. Cette position a nourri une méfiance réciproque, chaque camp accusant l’autre de céder à des considérations de politique intérieure ou à des pressions étrangères.
Les discussions de ces derniers jours, révélées par la presse internationale, semblent toutefois indiquer une inflexion. Selon plusieurs sources diplomatiques concordantes, les deux ministres auraient évoqué les moyens de débloquer certains dossiers en suspens, notamment en ce qui concerne la protection des droits des minorités et la reprise de certaines commissions bilatérales qui étaient restées sans réunion depuis plusieurs années. Un prochain déplacement du ministre ukrainien des Affaires étrangères à Budapest a également été évoqué, afin de poursuivre le dialogue.
**Analise**
Cette rencontre est significative à plusieurs titres. Elle intervient d’abord dans une période où l’Union européenne doit trouver un équilibre fragile entre soutien à l’Ukraine, élargissement potentiel et préservation de l’unité des Vingt-Sept. La Hongrie, membre de l’UE et de l’OTAN, dispose d’un droit de veto sur de nombreuses décisions, notamment budgétaires. Une normalisation avec Kyiv pourrait faciliter l’adoption de nouvelles mesures de soutien tout en donnant à Budapest des gages sur la question de la minorité hongroise. Mais les précédents échecs de ce type de rapprochement invitent à la prudence.
Les analystes relèvent par ailleurs que ce rapprochement pourrait être motivé par des considérations économiques. La Hongrie, fortement dépendante des importations d’énergies fossiles russes, cherche à diversifier ses approvisionnements et à renforcer ses infrastructures régionales. L’Ukraine, de son côté, doit maintenir une solidarité européenne maximale tout en évitant que ses frondeurs internes n’exploitent une hypothétique normalisation avec Budapest. Les discussions en cours incluent de possibles coopérations dans les domaines de l’énergie, des transports et de la reconstruction des régions ukrainiennes touchées par les bombardements, mais aussi dans le domaine de la recherche scientifique et de la sécurité alimentaire.
La déclaration de principe sur la « confiance mutuelle » est un signal, pas un aboutissement. Dans les faits, les contentieux restent nombreux : la question des manuels scolaires en langue hongroise demeure en suspens, tout comme celle de l’accès à l’éducation dans la langue maternelle, et des tensions persistent sur l’attitude de Budapest vis-à-vis des sanctions européennes contre la Russie. La Hongrie a également émis des réserves sur certaines clauses du futur accord de sécurité entre l’Ukraine et ses partenaires occidentaux. Si les diplomates ont exprimé leur optimisme, aucun calendrier précis pour la levée des blocages n’a été officiellement annoncé.
**Fontes**
Les informations contenues dans cet article sont issues des déclarations officielles publiées par les ministères des Affaires étrangères ukrainien et hongrois à l’issue de la rencontre, ainsi que des dépêches des agences de presse internationales (AFP, Reuters) et des comptes rendus diplomatiques diffusés par la délégation de l’Union européenne à Kyiv. Aucun chiffre n’a été avancé dans nos propres calculs, et l’ensemble des propos rapportés provient de sources publiques vérifiables. Ce dialogue reste toutefois en évolution, et les déclarations ultérieures des deux gouvernements pourraient apporter des précisions sur les futures étapes.
Por Renan Filho · 2026-10-16