**Lead**
Hervé Morin, figure centrale du Nouveau Centre et ancien ministre de la Défense, a livré un plaidoyer vibrant en faveur de la primaire de la droite et du centre dans un entretien au Figaro publié ce lundi. « La primaire est notre dernière chance, et c’est maintenant ou jamais ! », a-t-il lancé, plaçant d’emblée le débat dans une urgence qui dépasse le simple calendrier politique. Pour Morin, cette élection interne n’est pas qu’une étape partisane : elle est la clé d’un redressement économique que la France ne peut plus reporter.
**Contexto**
Ancien ministre de la Défense sous Nicolas Sarkozy (2007-2010), Hervé Morin préside aujourd’hui le Nouveau Centre, petit parti centriste allié historique aux Républicains (LR). Il est candidat déclaré à la primaire organisée par LR pour désigner le champion de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’entretien au Figaro intervient dans un climat économique tendu : la France affiche une dette publique record (plus de 3 000 milliards d’euros), un déficit public qui peine à descendre sous les 5 % du PIB, et une croissance atone. Les réformes structurelles – retraites, marché du travail, transition énergétique – peinent à aboutir, tandis que le pouvoir d’achat des ménages reste une préoccupation majeure.
Dans ce contexte, la primaire prend une dimension économique essentielle. Les candidats devront présenter un projet crédible pour rétablir les comptes publics et stimuler la compétitivité. Morin, qui se positionne comme le candidat du « juste équilibre » entre rigueur budgétaire et justice sociale, insiste sur la nécessité d’une « union claire » entre les droites et le centre. Selon lui, sans primaire, la dispersion des voix profiterait au Rassemblement national et à La France insoumise, empêchant toute majorité stable capable de mener des réformes économiques ambitieuses.
Les précédentes expériences de primaire (celle de 2016 pour la droite, celle de la gauche en 2017) ont montré leur capacité à structurer le débat, mais aussi leurs risques de division. Pour Morin, 2026 est le bon moment : trop tard, et le candidat désigné n’aurait pas le temps de construire une dynamique ; trop tôt, et le choix se ferait sans vision claire des enjeux.
**Analise**
L’insistance de Morin sur le lien entre primaire et économie n’est pas anodine. La droite et le centre partagent un socle commun : baisser les impôts, réduire la dépense publique, renforcer l’attractivité. Mais les divergences sont réelles entre les partisans d’une ligne dure (comme Laurent Wauquiez ou Éric Ciotti) et les centristes plus modérés. Morin tente de rassembler en proposant une synthèse : une réduction des dépenses publiques sans austérité aveugle, un allégement des charges pour les entreprises, et un investissement massif dans l’innovation et la transition écologique.
Sur le fond, son appel à l’unité traduit une crainte : que la droite multiplie les candidatures et fragmente l’électorat, offrant ainsi un boulevard à Emmanuel Macron ou à Marine Le Pen. Or, dans une économie mondialisée, la crédibilité d’un programme passe par la clarté du leadership. Les marchés financiers, les agences de notation et les partenaires européens scrutent chaque signe de faiblesse politique. Une droite unie derrière un projet économique cohérent pourrait rassurer les investisseurs et rééquilibrer les finances publiques.
Cependant, Morin ne donne pas de chiffres précis dans cette interview. Il se contente d’un diagnostic partagé : la France vit à crédit et doit réformer. La primaire serait le véhicule de cette discipline collective. « C’est maintenant ou jamais » signifie que le temps des hésitations est révolu. Si la droite ne s’accorde pas sur un candidat avant 2027, elle compromettra toute chance de redressement rapide.
D’un point de vue économique, le pari est risqué. Une primaire peut être coûteuse en énergie et en temps, et ses débats internes exposent des fractures qui affaiblissent l’image du parti. Mais Morin y voit une chance de légitimer le vainqueur et de lui donner un mandat clair pour appliquer des réformes impopulaires. Dans les pays voisins – Allemagne, Espagne – les processus de primaire ou de congrès ont souvent produit des programmes économiques solides.
**Fontes**
L’article se base sur l’entretien exclusif d’Hervé Morin accordé au Figaro, publié le 26 octobre 2026. Les informations contextuelles sur la situation économique française sont issues de rapports publics de la Banque de France, de l’INSEE et des analyses de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). Les éléments relatifs au calendrier politique et aux candidatures proviennent des dépêches de l’AFP et des archives du journal Le Monde.
Por Renan Filho · 2026-10-29