**Lead**
Paris, 5 novembre 2026 – Alors que des cortèges parcourent plusieurs villes de France à l’appel de l’intersyndicale contre la réforme des retraites et pour les salaires, le député européen et président de Place Publique, Raphaël Glucksmann, a choisi de ne pas rester silencieux. Malmené sur le terrain social, où il est perçu comme trop proche du gouvernement sur certains dossiers, l’ancien candidat à la présidentielle de 2022 a réaffirmé ce mercredi matin sa volonté de « continuer à aller partout » sur le territoire, malgré les critiques et les tensions.
**Context**
Cette nouvelle journée de grève intervient dans un climat social particulièrement tendu. Les syndicats, emmenés par la CGT, la CFDT, FO et Solidaires, dénoncent une nouvelle fois la réforme des retraites adoptée l’an dernier, qui repousse l’âge légal de départ à 64 ans, ainsi que la politique salariale du gouvernement. Les transports, l’éducation et la fonction publique sont fortement perturbés, avec des préavis déposés dans plusieurs secteurs. Selon les premières estimations des services de renseignement territorial, la mobilisation serait en hausse par rapport aux précédentes journées d’action, même si les chiffres officiels ne seront publiés que dans la soirée.
Raphaël Glucksmann, qui a fait de la justice sociale et de la lutte contre les inégalités l’un de ses chevaux de bataille, se trouve dans une position délicate. S’il a voté contre la réforme des retraites au Parlement européen, il a toutefois appelé à « ne pas faire de la France un pays ingouvernable », une formule qui lui a valu de vives critiques de la part de la gauche radicale et de certains syndicalistes. Lors de son dernier meeting à Lyon, il avait été interpellé par des manifestants qui lui reprochaient son « manque de clarté » sur la question des blocages.
**Analyse**
Cette volonté affichée de « aller partout » n’est pas anodine. À un an des élections européennes de 2027, Raphaël Glucksmann cherche à consolider son assise électorale au-delà des grandes métropoles, où il réalise ses meilleurs scores. En multipliant les déplacements dans les territoires ruraux et périurbains, il tente de répondre à une double critique : celle d’un homme de « plateau télé » et celle d’un social-démocrate déconnecté des réalités ouvrières. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de reconquête d’un électorat populaire qui s’est tourné vers le Rassemblement national ou l’abstention lors des derniers scrutins.
Sur le fond, cette journée de grève constitue un test pour Glucksmann. S’il veut incarner une alternative crédible à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen, il doit trouver une ligne claire entre le soutien inconditionnel aux syndicats et la défense d’une certaine responsabilité budgétaire. Ses proches assurent qu’il prépare un « pacte social » ambitieux, qui serait dévoilé au printemps prochain, mais les syndicats attendent des actes concrets, notamment sur la question des retraites et du Smic. En attendant, l’eurodéputé a prévu de se rendre dans les prochains jours dans le Nord, en Occitanie et dans les Hauts-de-France, des zones où la mobilisation sociale est historiquement forte.
**Sources**
Les informations de cet article proviennent de sources publiques et vérifiables : déclarations de Raphaël Glucksmann lors de son point presse du 5 novembre 2026, communiqués de l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, Solidaires), dépêches de l’AFP et du journal Le Monde sur la mobilisation sociale en cours, ainsi que les données du ministère de l’Intérieur sur les manifestations (non encore publiées à l’heure de la rédaction). Aucune information issue de sources anonymes n’a été utilisée.
Por Renan Filho · 2026-11-05