**Lead**
Le jeudi 5 novembre 2026, la France connaîtra une journée de mobilisation sociale d’ampleur. Les principaux syndicats de cheminots, dont la CGT et la CFDT, ont déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble des activités de la SNCF et de la RATP. Les voyageurs des TGV, TER, RER, Transiliens, ainsi que des lignes Intercités et de certaines liaisons internationales, sont prévenus : le trafic sera très fortement perturbé. Des services de remplacement sont en cours de définition, mais la direction des transports recommande aux usagers de reporter leurs déplacements non essentiels ou de privilégier le télétravail.
**Contexte**
Cette grève s’inscrit dans un conflit social qui couve depuis plusieurs mois. Les organisations syndicales dénoncent un projet de réforme des retraites spécifique aux régimes spéciaux des transports, que le gouvernement prévoit de déposer au Parlement avant la fin de l’année. Les négociations entre l’exécutif et les partenaires sociaux n’ont pas abouti à un compromis acceptable pour les syndicats, qui mettent en avant la pénibilité des métiers ferroviaires et la nécessité de garantir un départ anticipé à la retraite. Par ailleurs, des revendications salariales et des conditions de travail viennent se greffer au mouvement. La direction de la SNCF a d’ores et déjà annoncé qu’elle mettrait en place un plan de transport adapté, comme l’exige la loi sur le service minimum dans les transports terrestres.
Du côté de la RATP, le préavis de grève concerne l’ensemble des lignes de métro, de tramway et de bus, ainsi que les RER exploités par la régie. Les discussions avec la direction n’ont pas permis de trouver un accord de dernière minute. Les syndicats estiment que l’offre de la direction reste insuffisante sur les questions de pouvoir d’achat et d’effectifs. La maire de Paris a appelé les parties à faire preuve de responsabilité, mais sans annoncer de mesures concrètes.
**Analyse**
L’impact de cette grève s’annonce considérable, tant pour les déplacements domicile-travail que pour les trajets longue distance. Les TGV, qui relient les grandes métropoles françaises, pourraient voir leur taux de circulation réduit à moins d’un tiers de l’offre habituelle, selon les premières estimations des services de la SNCF. Les TER, essentiels aux déplacements régionaux, subiront également des suppressions massives. Les RER des lignes A, B, C et D, qui drainent des centaines de milliers de voyageurs chaque jour en Île-de-France, ne fonctionneront que partiellement, avec des fréquences fortement réduites. Les lignes Transilien, qui desservent la grande couronne, seront aussi très perturbées.
En conséquence, les autorités recommandent aux Franciliens de privilégier les alternatives : covoiturage, vélo, ou transports en commun non concernés comme certains bus de ville. La région Île-de-France a annoncé la gratuité des bus pendant la journée de grève afin d’inciter à l’utilisation de ces modes de transport. Des navettes spéciales pourraient être mises en place sur les axes les plus fréquentés, mais rien n’est encore acté. À l’échelle nationale, la SNCF prévient que la circulation des trains pourrait être interrompue à partir de la veille au soir et ne reprendre que progressivement le vendredi 6 novembre.
**Sources**
Sources : préavis de grève déposés par les syndicats CGT Cheminots, CFDT Cheminots et SUD-Rail ; communiqués de la SNCF et de la RATP ; déclarations du ministère des Transports ; informations de la région Île-de-France sur les alternatives proposées.
Por Renan Filho · 2026-11-04