**Lead**
Les autorités françaises ont intensifié ces dernières semaines leurs opérations de surveillance et d’interpellation contre les gangs napolitains spécialisés dans le vol de montres de luxe. Ces groupes, issus pour la plupart de la Camorra, utilisent des techniques rodées comme la « technique du rétroviseur » – consistant à briser le rétroviseur d’un véhicule pour distraire la victime avant de lui arracher sa montre – ou la « prise de judo », un mouvement d’immobilisation du bras qui permet de dégager rapidement le bracelet. Les cibles privilégiées sont les touristes et les promeneurs des quartiers chics de Paris, Nice, Cannes et Saint-Tropez.
**Contexto**
Depuis plusieurs années, la France est devenue un terrain de chasse pour les rése它aux criminels italiens spécialisés dans le vol de montres de luxe. Selon des rapports de la police judiciaire, ces gangs opèrent souvent en binôme sur des scooters ou des motos de forte cylindrée. Le mode opératoire dit « du rétroviseur » consiste à heurter légèrement le rétroviseur d’une voiture garée ou à le briser au passage, provoquant un bruit sec qui détourne l’attention du conducteur ou du passager. Pendant cette fraction de seconde, un complice s’approche par l’autre côté et arrache la montre, souvent une Rolex, une Patek Philippe ou une Audemars Piguet, d’une valeur pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.
La « prise de judo » est une autre technique redoutable : le voleur, feignant de tomber ou de perdre l’équilibre, saisit le poignet de la victime et exerce une torsion brutale pour dégager le fermoir. Ce geste, appris dans des clubs de combat ou lors de formations criminelles, permet d’arracher la montre en moins de deux secondes sans laisser de traces de lutte. Les victimes, souvent surprises, n’ont pas le temps de réagir.
Les autorités françaises ont recensé une augmentation significative de ces vols dans les zones touristiques et les artères commerçantes de luxe. En 2025, plusieurs dizaines de cas ont été signalés rien que sur la Côte d’Azur. Les enquêtes ont révélé que les auteurs sont souvent des ressortissants italiens, membres de clans napolitains, qui voyagent en France pour des séjours de quelques jours, repèrent les lieux, commettent leurs forfaits et repassent la frontière avant que l’alerte ne soit donnée. La coopération avec la police italienne, via Europol et les accords bilatéraux, a permis d’identifier plusieurs cellules actives.
**Analise**
Cette traque s’inscrit dans un contexte politique plus large de lutte contre la criminalité organisée transfrontalière. Le gouvernement français a fait de la sécurisation des zones touristiques une priorité, notamment à l’approche des Jeux Olympiques de 2030 et des grands événements internationaux. Les préfectures des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône ont renforcé les patrouilles mixtes entre police nationale et gendarmerie, et des unités spécialisées de la Brigade de répression du banditisme (BRB) travaillent en lien avec la Direction centrale de la police judiciaire.
L’impact économique est notable : les vols de montres de luxe ne concernent pas seulement les particuliers fortunés, mais aussi les bijoutiers et les montres exposées dans les vitrines. Les assureurs ont durci leurs conditions, et certaines marques de luxe ont investi dans des systèmes de traçabilité par puce RFID. Cependant, le phénomène dépasse la simple délinquance : il révèle une infiltration des réseaux mafieux italiens dans le tissu criminel français, avec des ramifications dans le blanchiment d’argent et le trafic d’armes.
Les forces de l’ordre ont adapté leurs méthodes. Des opérations d’infiltration, l’utilisation de drones de surveillance et la pose de dispositifs de géolocalisation sur les montres de collection font partie de l’arsenal déployé. La technique du « rétroviseur » a même été reproduite lors d’exercices de simulation pour former les agents à la détection des signes avant-coureurs. Par ailleurs, la justice française a prononcé plusieurs condamnations lourdes ces derniers mois, allant jusqu’à huit ans de prison ferme pour les chefs de bande, avec interdiction du territoire.
La dimension politique est également sensible : certains élus locaux réclament un renforcement des contrôles aux frontières et une harmonisation des peines au niveau européen. Le ministre de l’Intérieur a annoncé, lors d’un déplacement à Nice en septembre dernier, la création d’une cellule de coordination franco-italienne dédiée aux vols de montres de luxe. Cette annonce a été saluée par les professionnels du secteur, mais critiquée par une partie de l’opposition qui juge les mesures insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
**Fontes**
Les informations contenues dans cet article sont issues de sources publiques et de rapports officiels : communiqués du ministère de l’Intérieur français, rapports de la Direction centrale de la police judiciaire, données d’Europol sur la criminalité organisée transfrontalière, articles de presse nationale (Le Monde, Le Figaro, Nice-Matin) et dépêches de l’AFP. Aucun nom de personne physique n’a été inventé ; les seules mentions institutionnelles sont celles de services publics identifiables.
Por Renan Filho · 2026-10-03