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À Saint-Ouen, Glucksmann tend la main à Bouamrane : « Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble »

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-11-05

Lors d’un déplacement à Saint-Ouen, Raphaël Glucksmann a tendu la main au maire socialiste Karim Bouamrane, affirmant sa conviction de faire campagne commune pour la prochaine présidentielle. Un geste politique fort qui interroge les alliances à gauche.

**Lead**

L’échéance présidentielle de 2027 s’invite déjà dans les discours et les déplacements. Raphaël Glucksmann, figure montante de la social-démocratie française et député européen fondateur de Place Publique, a profité d’une visite à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, pour transmettre un message clair au maire socialiste Karim Bouamrane : « Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble. » Prononcée en marge d’une rencontre publique, cette déclaration, rapportée par plusieurs médias français, marque une étape supplémentaire dans la construction d’une possible coalition de centre gauche en vue de l’élection présidentielle. Glucksmann, qui n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature mais multiplie les déplacements sur le terrain, cherche à fédérer au-delà des appareils partisans.

**Contexto**

Depuis plusieurs mois, Raphaël Glucksmann tente de structurer un pôle social-démocrate capable de peser dans le paysage politique français, traditionnellement dominé par le clivage entre La France Insoumise et le Rassemblement National. Son parti, Place Publique, allié aux socialistes aux européennes de 2024, a obtenu un score honorable (environ 14 %), devançant LFI. Fort de cette dynamique, Glucksmann ambitionne de rassembler autour de lui les forces modérées de la gauche, y compris des élus locaux comme Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen depuis 2014 et figure respectée du Parti Socialiste. Bouamrane incarne une gauche de terrain, pragmatique, ancrée dans les quartiers populaires et souvent critique vis-à-vis de la ligne d’Olivier Faure. Son ralliement potentiel à Glucksmann serait un signal fort en direction des électeurs déçus par les divisions internes du PS.

Le contexte politique n’est pas neutre. La gauche française traverse une crise d’identité et de leadership. La Nupes, coalition hétéroclite formée en 2022, s’est désagrégée après les législatives, minée par les divergences entre LFI, le PS, les Verts et le PCF. Glucksmann ne cesse de critiquer l’hégémonie de Jean‑Luc Mélenchon et le logiciel clivant de LFI, qu’il juge incompatible avec une union durable. Sa stratégie repose sur une offre politique clairement sociale-démocrate, pro-européenne et républicaine, susceptible d’élargir la base électorale au‑delà des seuls sympathisants socialistes. La main tendue à Bouamrane s’inscrit donc dans une logique de reconquête des territoires et des électorats populaires, souvent tentés par l’abstention ou le vote RN.

**Analyse**

Si la déclaration de Saint-Ouen peut paraître anecdotique, elle révèle en réalité les contours d’une recomposition politique en profondeur. Glucksmann ne se contente pas de courtiser un édile local : il teste la possibilité d’un arc électoral allant des sociaux-démocrates aux écologistes, en passant par des socialistes critiques. Bouamrane, par son profil de maire d’une ville multiculturelle et dynamique, offre une vitrine idéale pour incarner une gauche de gouvernement, loin des polémiques parisiennes. Son éventuelle adhésion au projet glucksmannien pourrait entraîner d’autres élus socialistes, fragilisant un peu plus la direction nationale du PS, qui peine à définir une ligne claire entre alliance avec LFI et autonomie.

Cependant, l’obstacle reste de taille : comment convaincre les électeurs que cette nouvelle offre n’est pas un simple rechapage du PS des années Hollande ? Glucksmann doit composer avec la défiance envers les partis traditionnels et la concurrence des écologistes de Marine Tondelier, qui revendiquent aussi un leadership alternatif. De plus, le poids de LFI dans les circonscriptions populaires demeure important, et Bouamrane lui‑même, s’il accepte de faire campagne aux côtés de Glucksmann, devra gérer les tensions locales avec les militants insoumis. La phrase « Je suis convaincu qu’on va faire campagne ensemble » est donc autant une promesse qu’un défi : celui de bâtir une coalition crédible, dans un délai court, face à un électorat exigeant et fragmenté.

**Fontes**

Cet article s’appuie sur les informations rapportées par les médias français, notamment Le Monde, France Info, Le Parisien et Libération, ainsi que sur les déclarations publiques de Raphaël Glucksmann et de Karim Bouamrane lors de l’événement à Saint-Ouen.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.