**Lead**
Le 28 septembre dernier, une fusillade terroriste a secoué la commune des Mureaux, dans les Yvelines, faisant trois morts et plusieurs blessés. Parmi les victimes, Pengo Bossio Wangi, un père de famille de 42 ans, a été abattu alors qu'il quittait son domicile. Aujourd'hui, sa famille, représentée par son épouse et son frère, exprime de sérieux doutes quant à une éventuelle « responsabilité » des autorités françaises dans le déroulement des faits. Les proches estiment que des défaillances dans le suivi de l'assaillant et la lenteur de l'intervention policière peuvent être en cause.
**Context**
L'attaque a été revendiquée par l'organisation État islamique, et l'auteur, un homme de 29 ans fiché S, était connu des services de renseignement pour sa radicalisation. Il était suivi par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis plus d'un an. Selon les informations judiciaires, l'assaillant avait été interpellé à deux reprises pour des propos faisant l'apologie du terrorisme, mais avait été relâché faute de preuves suffisantes pour une mise en examen. Le jour de l'attaque, il avait réussi à se procurer une arme de poing de manière illicite, malgré son inscription au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation (FSPRT).
Pengo Bossio Wangi, d'origine ivoirienne, résidait en France depuis plus de vingt ans et travaillait comme agent de sécurité dans un centre commercial. Il était père de trois enfants. Sa famille a été choquée d'apprendre que le terroriste avait été relâché quelques semaines avant l'attaque après une garde à vue sans suite. Ils s'interrogent sur la capacité des services antiterroristes à prévenir ce type de passage à l'acte. « Nous avons été informés que l'homme était suivi, mais comment a-t-il pu agir sans être arrêté avant ? », se demande le frère de la victime, dans une déclaration à la presse locale.
Le parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste. Les investigations se concentrent sur d'éventuelles complicités et sur le parcours de l'assaillant. Les autorités ont également diligenté une inspection de la DGSI pour vérifier les procédures de suivi. Le ministre de l'Intérieur a évoqué un « échec individuel » sans toutefois reconnaître une responsabilité systémique.
**Analyse**
Cette affaire relance le débat sensible sur l'efficacité des dispositifs de suivi des personnes radicalisées en France. Le fichier FSPRT recense des milliers d'individus, mais les moyens humains et judiciaires pour les surveiller en continu restent limités. Les critiques pointent le manque de coordination entre la DGSI, la police judiciaire et la justice. Dans le cas présent, la famille de Pengo Bossio Wangi s'ajoute à une liste croissante de proches de victimes d'attentats qui demandent une évaluation indépendante des actions des services de l'État. Plusieurs associations de victimes du terrorisme, comme l'AFVT (Association française des victimes du terrorisme), ont exprimé leur soutien à la famille et demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.
Sur le plan juridique, la question de la « responsabilité » des autorités pourrait être portée devant les tribunaux. En droit français, l'État peut être tenu pour responsable en cas de faute lourde dans l'exercice de ses missions de sécurité. Les avocats de la famille envisagent de déposer une requête en indemnisation auprès du tribunal administratif, en s'appuyant sur l'argument que les défaillances dans le suivi et l'intervention constituent une carence fautive. Toutefois, la jurisprudence en la matière est exigeante : il faut démontrer une faute caractérisée et un lien de causalité direct avec le dommage.
Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève des interrogations sur l'équilibre entre le suivi antiterroriste et les libertés publiques. Les autorités sont confrontées à un dilemme : surveiller plus étroitement les fichés S, quitte à restreindre leurs déplacements, ou risquer de nouveaux attentats. La famille de Pengo Bossio Wangi, elle, ne cherche pas à accuser, mais à comprendre et à éviter que d'autres familles ne subissent le même drame. Leur combat s'inscrit dans une quête de vérité et de justice, bien au-delà du simple deuil.
**Fontes**
- Informations issues du communiqué du Parquet national antiterroriste (PNAT) diffusé le 3 octobre 2026. - Déclarations recueillies par l'AFP auprès du frère de la victime, le 15 octobre 2026. - Rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) sur les délais d'intervention, daté du 10 octobre 2026. - Article du journal Le Monde daté du 18 octobre 2026 intitulé « Yvelines : le suivi de l'assaillant en question ». - Prise de position de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) du 20 octobre 2026.
Por Renan Filho · 2026-10-25