**Lead**
Le 20 janvier 2021, Joe Biden prêtait serment comme 46e président des États‑Unis, mettant fin à quatre années de turbulences politiques sous Donald Trump. Pour beaucoup, ce jour devait marquer le retour à la normale. Mais un constat s’impose aujourd’hui : la démocratie américaine, et plus largement occidentale, n’est pas guérie. La fin de l’ère Trump n’est pas la fin de la crise démocratique. Bien au contraire, les ressorts culturels qui ont permis son élection – méfiance envers les institutions, polarisation identitaire, rejet des élites – continuent d’agir, et trouvent un écho particulier en France.
**Contexto**
Donald Trump n’a pas créé la crise démocratique ; il en a été un symptôme et un accélérateur. Son mandat a été marqué par une rhétorique ouvertement hostile aux médias, aux juges et aux processus électoraux. L’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 en fut l’apogée symbolique. Mais même après sa défaite, des dizaines de millions d’Américains continuent de croire à une fraude électorale imaginaire. Ce rejet du système n’est pas simplement politique : il est culturel. Il repose sur une vision du monde où la vérité officielle est suspecte et où les communautés se replient sur leurs propres récits.
En France, le terreau est similaire. Le mouvement des Gilets jaunes, la progression électorale du Rassemblement national et la candidature d’Éric Zemmour ont illustré une défiance profonde envers les corps intermédiaires – syndicats, médias, partis traditionnels. La crise du Covid‑19 a amplifié ce phénomène, avec une montée des discours complotistes et une défiance envers la science et les autorités sanitaires. Comme aux États‑Unis, la colère n’est pas d’abord économique : elle exprime un sentiment de perte de repères identitaires et culturels.
**Analise**
La persistance de la crise après le départ de Trump tient à sa dimension culturelle. La démocratie libérale repose sur un ensemble de valeurs – tolérance, pluralisme, confiance dans les institutions – qui sont aujourd’hui contestées. Des chercheurs en sciences politiques, comme Pierre Rosanvallon, observent que la défiance envers la représentation politique n’est pas conjoncturelle mais structurelle. Elle s’alimente d’une critique radicale du système, perçue comme illégitime, corrompu, voire complice d’un « grand remplacement ». Ce vocabulaire identitaire, popularisé par Éric Zemmour, circule désormais dans le débat public français, érodant le consensus républicain.
Par ailleurs, les réseaux sociaux ont transformé la manière dont les citoyens accèdent à l’information. La fragmentation des espaces médiatiques favorise les chambres d’écho et la propagation de fausses nouvelles. En France, l’influence de médias alternatifs et de chaînes YouTube complotistes crée une contre‑culture politique qui refuse les faits avérés. Cette dynamique n’a pas disparu avec Trump : elle s’est simplement adaptée à de nouveaux contextes, comme la guerre en Ukraine ou les réformes des retraites.
**Fontes**
Les analyses présentées s’appuient sur des travaux de chercheurs tels que Pierre Rosanvallon (« La légitimité démocratique », Seuil), les rapports de la Fondation Jean‑Jaurès sur la défiance politique, et les observations de médias comme Le Monde, Libération et France Inter sur les évolutions du débat public français depuis 2020. Aucune donnée chiffrée n’est citée volontairement, conformément aux règles éditoriales du FORTIS NEWS, mais les tendances décrites sont largement documentées par la sociologie politique contemporaine.
Por Renan Filho · 2026-11-05