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L'«État masculin», mouvement russe ultradroitier, raciste et misogyne, soupçonné d'être à l'origine de deux alertes à la bombe en Europe

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-11-05

Le groupe russe d'ultradroite «État masculin» est au centre des investigations après deux alertes à la bombe en Europe. Les enquêteurs examinent des messages reprenant la rhétorique misogyne et raciste du mouvement.

**Lead** Deux alertes à la bombe ont récemment perturbé des sites européens, et les enquêteurs se tournent vers un groupe russe d'ultradroite, raciste et misogyne, l'«État masculin» (Muzhskoye Gosudarstvo). Ce mouvement, qui prône la création d'un État réservé aux hommes, est soupçonné d'avoir revendiqué ces actes par des messages en ligne. Les autorités n'ont pas encore confirmé officiellement, mais des similitudes troublantes avec des menaces antérieures du groupe ont été relevées.

**Contexto** L'«État masculin» est né en Russie autour de la figure de Vladislav Pozdnyakov, un activiste qui a bâti une communauté en ligne virulente. Le groupe prône la séparation des sexes et la domination absolue des hommes. Son idéologie repose sur une lecture biologique et essentialiste des rapports sociaux : les femmes seraient inférieures, incapables de gouverner, et devraient être confinées à des rôles domestiques. Le mouvement ajoute à cette misogynie une dimension raciste, en ciblant les migrants et les minorités, qu'il présente comme des menaces pour la « pureté » du peuple russe.

Le groupe a connu une croissance rapide grâce aux réseaux sociaux, attirant des milliers de membres, dont de nombreux adolescents. Ses vidéos, souvent violentes, montrent des hommes exhortant à « corriger » les femmes par la force. Pozdnyakov a été arrêté et condamné en Russie pour incitation à la haine, et le mouvement a été interdit dans son pays. Mais cette répression n'a pas éliminé la nébuleuse : des comptes dédiés continuent de circuler, et des cellules locales auraient été signalées dans plusieurs pays européens.

Les deux alertes à la bombe ont eu lieu dans des lieux publics très fréquentés. Les messages d'avertissement, envoyés par courriel, reprenaient des expressions typiques du groupe, comme « la guerre contre les femmes » et « l'heure de la purification ». Ils menaçaient de nouvelles actions si les « féministes » ne cessaient pas leur « propagande ». Les enquêteurs privilégient la piste d'une action coordonnée, mais n'excluent pas une opération de « swatting » idéologique, visant à tester les capacités de réaction des États et à semer la terreur. Les autorités européennes ont déjà été confrontées à des vagues de fausses alertes à la bombe, notamment dans des écoles, mais rarement avec une telle charge idéologique. La dimension transnationale complique l'enquête, car les serveurs utilisés pour envoyer les menaces sont souvent situés hors de l'Union européenne.

**Analise** Cette affaire met en lumière un angle mort de la sécurité européenne. Les services de renseignement sont souvent focalisés sur le djihadisme ou l'extrême droite classique, mais les groupes misogynes radicaux sont encore sous-estimés. Or, leur potentiel de nuisance est réel : ils disposent de réseaux transnationaux, d'une expertise technique et d'une capacité à mobiliser des sympathisants pour des actions de harcèlement ou de fausses alertes. L'«État masculin» n'est pas un simple phénomène de trolls ; il s'inscrit dans une mouvance plus large de « masculinisme » extrême, qui a émergé en ligne et qui trouve des échos dans plusieurs pays.

Les alertes à la bombe, qu'elles soient réelles ou non, ont un coût économique et psychologique. Elles obligent les autorités à déployer des moyens importants, perturbent la vie des citoyens et créent un climat de peur. Si la piste se confirme, cela marquerait une escalade dans les méthodes du groupe, qui passerait de la provocation verbale à l'action directe. Les experts appellent à une coopération renforcée entre la Russie et l'Europe sur ce dossier, mais les tensions géopolitiques compliquent les échanges. En attendant, les plateformes numériques sont sommées de fermer les comptes liés au mouvement, une tâche ardue tant les membres utilisent des serveurs décentralisés et des techniques d'anonymisation. Les observateurs soulignent que la réponse sécuritaire ne suffira pas : il faut aussi s'attaquer aux racines en ligne du phénomène, en démantelant les réseaux de diffusion et en soutenant les victimes de harcèlement.

**Fontes** Les informations proviennent de sources ouvertes, de rapports d'organisations de surveillance de l'extrême droite et de communications des autorités de sécurité européennes. Aucun nom de source n'a été divulgué à ce stade de l'enquête.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.