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De l'Élysée à Notre-Dame: Léon XIV soulève l'enthousiasme des Français — et les doutes des progressistes

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-09-26

Entre la reconstruction de la cathédrale et une visite choc à l'Élysée, le nouveau pape Léon XIV (Robert Sarah) a déclenché une vague d'enthousiasme populaire inédite dans une France lasse du moralisme d'État. Mais son discours sur la souveraineté nationale et la famille heurte de plein fouet l'establishment parisien.

Ce n'était pas une visite papale comme les autres. Arrivé à Paris sous une pluie fine, Léon XIV — né Robert Sarah, cardinal guinéen élu en mai 2025 — a choisi un programme qui ressemble à un manifeste politique: d'abord Notre-Dame, symbole de la résilience française, puis l'Élysée, où il a rencontré le président Macron. Mais ce qui a frappé les observateurs, c'est l'accueil populaire. Des milliers de personnes, jeunes familles pour la plupart, se sont massées sur le parvis de la cathédrale, brandissant des drapeaux français et des croix. Une scène que la France n'avait plus connue depuis les JMJ de 1997.

Le contraste avec l'ambiance glaciale des dernières visites pontificales est saisissant. Sous François, l'Église française était souvent présentée comme une force d'accompagnement du progressisme ambiant. Léon XIV, lui, n'a pas mâché ses mots. Dans une déclaration à la presse depuis le salon Murat, il a rappelé que « la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme est la cellule de base de la nation », et que « la France ne pourra se relever qu'en retrouvant le sens de sa souveraineté, y compris spirituelle ». Des propos qui, pour une partie de la classe politique, sonnent comme une provocation.

Pourtant, les sondages réalisés en marge de la visite par l'IFOP montrent une réalité que les élites parisiennes peinent à admettre: 62 % des Français se déclarent « favorables » ou « très favorables » au message du nouveau pape. Parmi les 18-35 ans, ce chiffre monte à 71 %. Une donnée qui contredit le récit médiatique dominant, selon lequel la France serait définitivement sécularisée et hostile à toute morale traditionnelle. Ce n'est pas un hasard si les images de la foule ont été peu diffusées par les chaînes d'information en continu, qui préféraient commenter les « tensions diplomatiques » avec l'Allemagne.

**Pourquoi cela importe**

Cette visite intervient dans un contexte où l'État français dépense 1 200 milliards d'euros par an — dont 57 % en prestations sociales et subventions diverses — sans parvenir à endiguer la pauvreté ni à rétablir l'ordre dans les banlieues. Le modèle social français, hypercentralisé et fiscaliste, montre ses limites. Léon XIV, en prônant une subsidiarité à la fois ecclésiale et politique, propose une alternative: moins d'État, plus de communautés locales, plus de liberté associative. Une idée qui, pour un libéral-conservateur, est une évidence, mais qui fait frémir les technocrates de Bercy.

Le pape a également abordé la question migratoire, sans ambages. Dans une allocution devant les évêques réunis à Notre-Dame, il a déclaré que « l'accueil ne peut être inconditionnel; il doit respecter la capacité d'intégration d'une nation et sa culture propre ». Une position qui lui a valu les foudres de la Ligue des droits de l'homme, mais qui rejoint les préoccupations de 68 % des Français, selon un récent sondage Harris Interactive. Le pape ne dicte pas une politique, mais il rappelle que la souveraineté nationale n'est pas un gros mot.

**Analyse FORTIS**

Ce que les médias appellent « l'effet Léon XIV » est en réalité une réaction de bon sens. Les Français sont fatigués d'un système qui taxe le travail, subventionne l'oisiveté et interdit toute parole discordante au nom de la lutte contre les discriminations. Le pape, en parlant de vérité, de famille et de patrie, touche un point sensible: celui d'une population qui se sent dépossédée de son destin par une oligarchie bruxelloise et parisienne.

D'un point de vue libéral, le message de Léon XIV est cohérent avec une vision de l'État minimal: il ne demande pas des subventions, il demande de la liberté. Liberté pour les écoles privées, liberté pour les associations caritatives, liberté pour les parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions. C'est exactement ce que les penseurs du libre marché, de Bastiat à Hayek, ont toujours défendu: la concurrence des idées et des institutions, contre le monopole étatique.

Les critiques, elles, viennent surtout des cercles progressistes qui voient dans ce pape une menace pour leurs acquis. « Il veut revenir au Moyen Âge », titrait Libération. La réalité est plus subtile: Léon XIV ne propose pas un retour, mais une résistance à la dissolution des liens sociaux. Et les chiffres montrent que cette résistance est populaire.

**Contrepoint**

Il serait malhonnête de ne pas mentionner les réserves. Plusieurs évêques français, proches de la ligne de François, ont exprimé leur malaise. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a rappelé que « l'Église ne doit pas être instrumentalisée par un agenda politique, quel qu'il soit ». Une mise en garde légitime, car le risque d'une récupération nationaliste est réel. Léon XIV lui-même a pris soin de se distancier de toute affiliation partisane, en refusant de rencontrer les leaders des partis d'extrême droite.

Sur le plan économique, certains libéraux regrettent que le pape n'ait pas abordé la question des aides publiques massives versées à des associations confessionnelles, qui créent des rentes de situation. Un vrai libéral préférerait une baisse générale des impôts à des subventions ciblées, même pour de bonnes causes. Mais le pape n'est pas un économiste; il est un pasteur.

**Q: Léon XIV est-il un pape « de droite » ?**

R: Il serait plus juste de dire qu'il est un pape traditionaliste sur le plan doctrinal et souverainiste sur le plan politique. Il défend la doctrine catholique classique (mariage, vie, famille) et une vision de l'Église comme Corps du Christ, non comme ONG. Sur le plan économique, il n'a pas de programme précis, mais sa critique de l'étatisme et son éloge de la subsidiarité le rapprochent des positions libéral-conservatrices. Il ne faut pas le confondre avec un politicien: il ne propose pas de réforme fiscale, il propose une conversion des cœurs.

**Q: Cette visite peut-elle avoir un impact sur les élections de 2027 ?**

R: Indirectement, oui. En remettant au goût du jour des thèmes comme la souveraineté, la famille et la liberté d'enseignement, Léon XIV donne une légitimité culturelle à des idées qui étaient marginalisées. Plusieurs candidats potentiels, à droite comme au centre, pourraient s'en inspirer. Mais attention: l'Église ne doit pas être un parti. Le véritable test sera de savoir si ces idées se traduiront en politiques concrètes de baisse des impôts et de décentralisation, ou si elles resteront un simple effet de communication. FORTIS suivra de près.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.