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Les passeports diplomatique et ordinaire du sénateur Flávio Bolsonaro (PL-RJ) ont été annulés par décision de la justice brésilienne, a confirmé mercredi une source policière à l'agence Reuters. L'information, qui n'a pas encore été officialisée par le tribunal, intervient en pleine campagne électorale pour le second tour de l'élection présidentielle, où le nom de la famille Bolsonaro reste central. La source, qui a requis l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier, a précisé que l'annulation avait été notifiée aux services de l'immigration et aux postes frontières du pays.
**Contexte**
Flávio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, est sénateur depuis 2019. Il est sous le coup de plusieurs enquêtes pour des soupçons de corruption, de blanchiment d'argent et d'association criminelle, liées notamment à des pratiques présumées lorsqu'il était député à l'Assemblée législative de Rio de Janeiro. L'une de ces affaires, connue sous le nom de « Rachadinha », concerne un système de détournement de salaires de fonctionnaires de son cabinet. L'enquête est suivie par la Cour suprême du Brésil (STF), qui a autorisé des perquisitions et la saisie de documents et d'appareils électroniques.
L'annulation des passeports intervient dans un contexte où la justice brésilienne a multiplié les mesures coercitives à l'encontre de membres de l'ancien gouvernement Bolsonaro. Début octobre, la police fédérale avait déjà exécuté un mandat de perquisition au domicile de Flávio Bolsonaro à Brasília, ainsi que dans une propriété de la famille à Angra dos Reis. Cette nouvelle décision d'annulation de ses documents de voyage est perçue comme un renforcement des restrictions judiciaires, visant à empêcher toute tentative de fuite à l'étranger.
Le sénateur n'a pas encore commenté publiquement cette mesure. Son avocat, contacté par la presse locale, a simplement indiqué qu'il attendrait la notification officielle pour se prononcer. L'opposition a immédiatement réagi, qualifiant la décision de « nécessaire pour garantir le cours de la justice », tandis que les alliés de Jair Bolsonaro dénoncent une « persécution politique » orchestrée par le STF et le Tribunal supérieur électoral (TSE).
**Analyse**
Cette annulation de passeports, à quelques semaines du scrutin, plonge la campagne dans une nouvelle tourmente. Bien que Flávio Bolsonaro ne soit pas candidat à cette élection — il brigue un nouveau mandat de sénateur — son rôle de coordinateur officieux de la campagne de son père en fait une pièce maîtresse du dispositif bolsonariste. La mesure judiciaire pourrait affaiblir la stratégie de communication de l'ancien président, qui mise sur un discours de victimisation et de lutte contre un « système corrompu ».
Au-delà de l'impact immédiat sur la campagne, cette décision souligne la détermination du pouvoir judiciaire brésilien à poursuivre les enquêtes, y compris en période électorale. Les analystes estiment que la crédibilité des institutions, souvent mise à l'épreuve par les attaques de l'ancien président, sort renforcée de cette séquence. En revanche, le risque d'une radicalisation de la base bolsonariste est réel. Des appels à la mobilisation commencent à circuler sur les réseaux sociaux, reprenant les thèmes de « l'ingérence judiciaire » et de la « censure ».
Pour l'électorat modéré, ces révélations pourraient conforter l'idée que la famille Bolsonaro est empêtrée dans des affaires judiciaires graves, au détriment de la gouvernance. Dans un scrutin où l'écart entre les deux candidats se resserre, chaque développement judiciaire peut faire basculer une partie des indécis. Le camp adverse, mené par le candidat de gauche, ne manquera pas d'exploiter politiquement cette annulation comme une preuve de l'urgence d'un changement de cap éthique.
**Sources**
L'information a été rapportée par l'agence Reuters, citant une source policière anonyme. Des confirmations partielles ont été obtenues par le journal O Globo et le site d'investigation The Intercept Brasil, qui avaient déjà révélé des éléments de l'enquête sur Flávio Bolsonaro. La décision judiciaire émane du cabinet du juge en charge du dossier au sein du STF. Aucun commentaire officiel n'a encore été émis par la défense du sénateur au moment de la publication de cet article.
Por Renan Filho · 2026-10-27