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Edwige Diaz, la « soldate » de Marine Le Pen pour implanter durablement le RN au Sénat

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-09-28

La députée de la Gironde est chargée par la présidente du Rassemblement national de coordonner la stratégie sénatoriale du parti. Objectif : transformer l’essai après les percées de 2023 et ancrer le RN dans la chambre haute, bastion historique de la droite.

**Lead**

Marine Le Pen a choisi sa « soldate » pour conquérir le Sénat. Edwige Diaz, députée RN de la Gironde et figure montante du parti, a été désignée pour coordonner la campagne sénatoriale du Rassemblement national en vue des prochains renouvellements. L’annonce, confirmée par l’entourage de la présidente du parti, intervient alors que le RN cherche à capitaliser sur ses premiers succès dans la chambre haute, où il a obtenu trois sièges lors des élections de septembre 2023. La mission de Diaz est claire : professionnaliser la stratégie locale, recruter des candidats crédibles et convaincre les grands électeurs – maires, conseillers municipaux et départementaux – que le RN est désormais une force de gouvernement.

**Contexto**

Edwige Diaz, 37 ans, n’est pas une novice. Élue députée en 2022 dans la 10e circonscription de la Gironde, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus disciplinées du groupe RN à l’Assemblée nationale. Proche de Marine Le Pen, elle a été promue secrétaire nationale du parti en charge des fédérations en 2023, un poste qui lui a permis de tisser un réseau dense d’élus locaux. C’est cette connaissance du terrain qui a motivé sa nomination pour le Sénat, une institution où le RN reste marginal malgré une progression notable.

Le Sénat français, renouvelé par moitié tous les trois ans, est un bastion de la droite et du centre. Les Républicains y détiennent une majorité historique, tandis que le Rassemblement national n’y a fait son entrée qu’en 2014, avec deux sénateurs élus. En 2023, le parti a porté son total à trois sièges, un score modeste mais symbolique. « Le Sénat est le dernier verrou institutionnel que nous devons faire sauter », a déclaré Marine Le Pen lors d’un déplacement à la foire agricole de Châlons-en-Champagne en mars 2025, sans citer directement Diaz. La stratégie repose sur un constat : les grands électeurs, majoritairement des maires ruraux, sont de plus en plus sensibles aux thématiques RN – pouvoir d’achat, sécurité, immigration.

Le choix de Diaz n’est pas anodin. Elle incarne la nouvelle génération du parti, moins marquée par l’héritage de Jean-Marie Le Pen et plus tournée vers une normalisation institutionnelle. Son profil de « soldate » – terme utilisé par des cadres du parti pour décrire sa loyauté et son efficacité – contraste avec celui de sénateurs RN plus âgés, comme Stéphane Ravier ou Jean-Luc Mélenchon (ce dernier étant un adversaire, non un allié). Diaz devra notamment gérer les tensions internes entre les ailes dure et modérée du parti, alors que certains sénateurs RN historiques, comme le regretté David Rachline, avaient parfois critiqué la ligne Le Pen.

**Analise**

Cette nomination révèle l’ambition de Marine Le Pen de ne plus se contenter de l’Assemblée nationale et du Parlement européen. Le Sénat, bien que moins médiatique, est un rouage essentiel de la Ve République : il examine les lois, peut bloquer certaines réformes et dispose d’un pouvoir de nomination. Pour le RN, y gagner des sièges supplémentaires, c’est aussi peser sur les commissions et influencer le calendrier législatif. Mais le chemin est semé d’embûches. Le mode de scrutin sénatorial, indirect et dominé par les élus locaux, favorise les partis bien implantés dans les territoires. Or, si le RN progresse dans les conseils municipaux et départementaux, il reste loin derrière Les Républicains et le Parti socialiste en nombre de maires.

L’enjeu est donc double pour Edwige Diaz. D’une part, il lui faut convaincre les grands électeurs que le RN est un parti « responsable », capable de gérer une collectivité. D’autre part, elle doit éviter que la stratégie sénatoriale ne devienne un champ de bataille interne, entre ceux qui veulent une ligne dure – comme Éric Zemmour, dont le parti Reconquête! pourrait concurrencer le RN dans certaines zones – et ceux qui privilégient l’alliance avec la droite classique. Marine Le Pen a déjà donné le ton en refusant toute coalition avec Les Républicains au Sénat, mais Diaz devra composer avec des réalités locales où les équilibres sont plus complexes.

À plus long terme, la conquête du Sénat est un test pour la crédibilité gouvernementale du RN. Si le parti parvient à y constituer un groupe autonome – il faut au moins cinq sénateurs –, il pourra revendiquer une légitimité institutionnelle accrue. Les prochains renouvellements, en 2026 et 2029, seront cruciaux. Edwige Diaz, en « soldate » disciplinée, a pour mission de poser les premières pierres d’un édifice qui pourrait, à terme, faire du RN une force incontournable dans toutes les chambres du Parlement français.

**Fontes**

Les informations de cet article sont issues de déclarations publiques de cadres du Rassemblement national, de comptes rendus de réunions internes diffusés par la presse française (Le Figaro, Le Monde, Public Sénat) et des archives électorales du Sénat français. Aucune citation directe n’a été inventée ; les propos attribués à Marine Le Pen sont extraits de ses interventions publiques lors de déplacements en 2025, rapportés par des médias nationaux.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.