**Lead**
L’éditorialiste Arthur Berdah a publié ce jeudi dans les colonnes du Figaro une tribune intitulée « Primaire à droite, le pire système à l’exception de tous les autres ». Sous cette formule empruntée à Winston Churchill, il dénonce les risques politiques et sécuritaires que ferait peser l’organisation d’une primaire ouverte pour désigner le candidat de la droite à la prochaine élection présidentielle. Alors que le parti Les Républicains (LR) peine à trouver une ligne claire entre ses ailes modérée et radicale, l’éditorialiste avertit que ce processus pourrait affaiblir le camp conservateur face aux menaces intérieures et extérieures.
**Contexto**
La primaire de la droite n’est pas une nouveauté en France. En 2016 et 2021, Les Républicains ont déjà organisé des scrutins ouverts aux sympathisants pour départager leurs candidats. Mais le contexte actuel est marqué par une fragmentation du paysage politique et une montée des préoccupations sécuritaires : terrorisme, immigration non contrôlée, violences urbaines, tensions internationales. Plusieurs figures de la droite, comme Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau, plaident pour un retour à une ligne dure sur l’ordre public, tandis que d’autres, à l’image de Xavier Bertrand, misent sur une approche plus consensuelle.
Arthur Berdah, connu pour ses analyses pointues de la vie politique française, rappelle dans son texte que la primaire, censée démocratiser le choix du candidat, a souvent produit des vainqueurs affaiblis. En 2021, Valérie Pécresse, issue d’une primaire, n’a recueilli que 4,8 % des voix à la présidentielle. L’éditorialiste souligne que ce mode de sélection expose le parti à des compromis internes qui diluent son discours sécuritaire, pourtant essentiel pour rassurer les électeurs.
**Analise**
L’enjeu sécuritaire est au cœur de la critique de Berdah. Selon lui, une primaire longue et disputée oblige les candidats à se positionner sur des sujets clivants – comme la réforme des retraites ou l’immigration – au détriment d’une vision cohérente de la sécurité. Les débats internes peuvent donner l’image d’une droite divisée, incapable de proposer une réponse ferme face aux défis sécuritaires. Or, dans un contexte où le Rassemblement national capitalise sur les peurs des Français, toute faiblesse perçue pourrait profiter aux extrêmes.
D’autre part, le processus de primaire lui-même comporte des risques opérationnels. Les fichiers d’électeurs, les meetings et les débats télévisés sont autant de cibles potentielles pour des ingérences étrangères ou des manipulations. Sans oublier que les candidats écartés peinent souvent à se rallier au vainqueur, créant des fractures durables. Ces divisions internes affaiblissent la capacité du futur gouvernement à mettre en œuvre une politique de sécurité cohérente, notamment en matière de renseignement ou de lutte antiterroriste.
L’éditorialiste ne propose pas de solution miracle, mais il invite la droite à réfléchir à d’autres modes de désignation, comme un congrès interne ou un vote des seuls adhérents. Il rappelle que la sécurité nationale ne peut pas être sacrifiée sur l’autel d’une démocratie interne mal maîtrisée. La tribune a déjà suscité des réactions contrastées au sein de LR, certains y voyant une attaque contre la base militante, d’autres une mise en garde salutaire.
**Fontes**
- Éditorial d’Arthur Berdah, « Primaire à droite, le pire système à l’exception de tous les autres », Le Figaro, 29 octobre 2026. - Archives des résultats des primaires de la droite (2016, 2021) – données publiques. - Déclarations publiques de responsables LR sur la sécurité (Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand) – médias français.
Por Renan Filho · 2026-10-29