Les mois d’été 2026 ont frappé de plein fouet le Puy-de-Dôme. La source de Volvic, exploitée depuis des décennies par Danone pour son eau minérale, a vu son débit baisser de 30 % par rapport à la moyenne décennale. « Cet été a montré que l’eau n’est plus une évidence », a déclaré le maire de Volvic, Jean-Michel Foucault, lors d’une réunion publique. Danone, qui pompe chaque année plusieurs millions de litres, se retrouve sous pression : la préfecture a réduit de 15 % les volumes autorisés, et plusieurs associations écologistes réclament un gel des prélèvements.
Le contexte est celui d’un réchauffement climatique qui accélère la raréfaction de la ressource. La nappe phréatique alimentant la source de Volvic ne se recharge plus assez vite. Selon une étude du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) publiée en juin 2026, le bassin versant a perdu 40 % de son apport annuel en eau depuis 2000. Danone a investi 50 millions d’euros dans des technologies de gestion plus efficiente, mais les marges de manœuvre sont étroites.
Pour FORTIS NEWS, cette bataille illustre un dilemme fondamental : l’eau est-elle un bien commun à réguler par l’État ou une ressource économique relevant des droits de propriété ? Les tenants du libéralisme économique rappellent que Danone a acheté les droits d’usage de la source dans les années 1990, en toute légalité. L’entreprise paie des redevances et emploie 300 personnes dans la région. Interdire ou limiter drastiquement les prélèvements reviendrait à violer un contrat de long terme et à nuire à la compétitivité d’une entreprise française.
Cependant, l’argument de la rareté impose une réflexion plus fine. Le « marché de l’eau » n’existe pas en France – contrairement au Chili ou à certaines régions australiennes où des quotas échangeables ont permis une allocation plus flexible. FORTIS estime que la solution ne passe pas par un dirigisme accru, mais par la création de droits de propriété bien définis, transférables et assortis de limites de prélèvement fondées sur des données scientifiques. Danone pourrait ainsi négocier avec les agriculteurs locaux (eux aussi gros consommateurs) des compensations mutuellement bénéfiques, plutôt que d’attendre une décision administrative arbitraire.
L’entreprise a d’ailleurs annoncé en août 2026 la mise en place d’un système de « partage d’eau » avec les communes environnantes : en échange d’une réduction de ses prélèvements en période de sécheresse, elle obtiendrait des autorisations plus souples en année normale. C’est un pas vers une gestion contractuelle, mais les associations estiment que cela reste insuffisant. « Danone doit prouver que son activité n’épuise pas la ressource », a affirmé au journal local La Montagne la porte-parole de l’association Eau Secours 63.
D’un point de vue macroéconomique, cet épisode rappelle que les infrastructures hydriques françaises vieillissent et que l’investissement privé est entravé par des réglementations lourdes. FORTIS préconise une libéralisation encadrée : création de marchés locaux de l’eau, droits d’usage négociables, et réduction des subventions publiques qui encouragent le gaspillage. L’État doit abandonner son rôle de planificateur unique pour devenir un arbitre garantissant les contrats et la protection des nappes.
En conclusion, la bataille de Volvic n’est pas un combat idéologique entre « nature » et « capital ». C’est un test pour le libéralisme pragmatique : seule une approche fondée sur la propriété, le contrat et l’innovation technologique permettra d’assurer à la fois la pérennité de la source et celle de l’emploi. Le reste n’est que démagogie.
Por Renan Filho · 2026-09-28