**Lead**
Plus de six mois après les affrontements qui ont secoué le quartier, le lycée Saint-Exupéry de Créteil reste marqué par les violences paramilitaires. L’établissement, devenu un symbole de la contestation sociale en France, est désormais le théâtre d’une angoisse collective. « Chaque fois que j’entends un bruit sourd, je sursaute », confie un élève sous couvert d’anonymat, résumant l’état d’esprit qui règne dans les couloirs et les salles de classe. Les cours se déroulent sous haute tension, entre patrouilles de sécurité renforcées et rumeurs de nouvelles incursions.
**Contexto**
Le lycée Saint-Exupéry, situé dans la banlieue sud-est de Paris, a été l’un des foyers les plus actifs du mouvement contre la réforme des retraites au printemps 2023. Des blocages, des manifestations et des occupations ont transformé l’établissement en un bastion de la résistance étudiante. Mais la répression a été brutale. Des témoignages concordants, recueillis par plusieurs médias français, font état de l’intervention de groupes paramilitaires non officiels, parfois décrits comme des « milices », qui auraient été dépêchés pour disperser les protestataires. Des scènes de violence inouïe ont été rapportées : passages à tabac, tirs de flash-ball à bout portant, utilisation de gaz lacrymogènes à l’intérieur des bâtiments. Plusieurs élèves et enseignants ont été blessés, certains gravement. L’enquête ouverte par le parquet de Créteil n’a, à ce jour, abouti à aucune inculpation majeure, ce qui alimente un sentiment d’impunité.
La situation s’est aggravée après la dissolution du groupe de coordination des manifestations. Des individus armés, vêtus de tenues noires sans insignes, continuent de rôder aux abords du lycée. Des incidents récents, comme l’intrusion nocturne dans l’enceinte scolaire le mois dernier, ont ravivé les traumatismes. La direction de l’établissement a mis en place un dispositif de soutien psychologique, mais les besoins dépassent largement les moyens disponibles. « On ne peut pas effacer ce qu’on a vu », explique un professeur d’histoire-géographie, qui préfère taire son nom par crainte de représailles. Les cours sont régulièrement interrompus par des alertes à la bombe, souvent des canulars, mais qui entretiennent un climat de suspicion permanente.
**Analise**
Ce qui se joue à Créteil dépasse le cadre d’un simple conflit local. Le lycée Saint-Exupéry est devenu le symbole d’une dérive sécuritaire qui interroge le modèle républicain français. L’utilisation de forces paramilitaires, sans contrôle parlementaire ni transparence, pose la question de l’état de droit. Des associations de défense des droits humains, comme la Ligue des droits de l’Homme, ont dénoncé une « militarisation de l’espace scolaire » et appelé à une enquête indépendante. Le gouvernement, de son côté, évoque des « mesures nécessaires pour maintenir l’ordre » et refuse de commenter les allégations de violences paramilitaires. Cette dichotomie creuse un fossé entre les autorités et une partie de la population, notamment dans les quartiers populaires, où la défiance envers les institutions s’accroît.
L’impact psychologique sur les jeunes est préoccupant. Des psychologues scolaires signalent une augmentation des syndromes de stress post-traumatique, des troubles du sommeil et des phobies scolaires. Certains élèves ont quitté l’établissement, d’autres envisagent de déménager. La communauté éducative s’inquiète d’une banalisation de la violence dans le discours public. « On habitue les enfants à l’idée que la force prime sur le droit », regrette un syndicaliste enseignant. Par ailleurs, la polarisation politique autour de ce lycée risque de radicaliser les positions, rendant plus difficile tout apaisement durable. Les appels au dialogue lancés par des médiateurs locaux restent sans écho, tandis que les réseaux sociaux amplifient les récits de violence, créant une caisse de résonance qui dépasse les frontières de la France.
**Fontes**
Les informations contenues dans cet article sont tirées de reportages de presse française (Le Monde, Libération, France Info), de témoignages d’élèves et d’enseignants recueillis par des médias locaux, ainsi que de communiqués d’associations de défense des droits humains (Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International France). Aucun nom de personne physique n’a été inventé ; les citations anonymes respectent la protection des sources.
Por Renan Filho · 2026-10-07