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L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a annoncé, ce jeudi, son intention de porter plainte pour « violences en réunion » et « dénonciation calomnieuse » à la suite d’incidents qui se sont déroulés lors du congrès du Rassemblement national (RN) à Orléans. Selon un communiqué de l’organisation, ses militants présents sur place auraient été pris pour cible par des membres du parti d’extrême droite, subissant des agressions verbales et physiques, et faisant l’objet d’accusations infondées diffusées sur les réseaux sociaux pendant l’événement. Cette action judiciaire marque une escalade dans les tensions entre le RN et les associations de lutte contre l’antisémitisme, alors que le parti tente de se normaliser sur la scène politique française.
**Contexto**
Le congrès du RN, qui s’est tenu à Orléans les 4 et 5 novembre 2026, visait à renouveler les instances dirigeantes du parti et à définir la ligne politique en vue des élections législatives anticipées de 2027. L’événement a rassemblé plusieurs milliers de militants et cadres, dont la présidente du parti, Marine Le Pen, et le président du groupe parlementaire, Jordan Bardella. La présence de l’UEJF, invitée par la direction du RN dans le cadre d’une tentative d’ouverture vers la communauté juive, a rapidement dégénéré. Des échanges houleux ont été filmés et diffusés en direct sur des plateformes comme X (anciennement Twitter), montrant des militants RN accusant les représentants de l’UEJF de « provocation » et de « manipulation ». L’un des incidents les plus marquants a été la diffusion d’une vidéo où un délégué régional du RN qualifiait les membres de l’UEJF de « agents du sionisme international », une expression qualifiée par l’association de « dénonciation calomnieuse ». Par ailleurs, des poussées et des altercations physiques auraient éclaté entre des militants RN et les étudiants juifs, nécessitant l’intervention des services de sécurité du congrès.
Fondée en 1944, l’UEJF est la principale organisation représentative des étudiants juifs en France. Elle a multiplié ces dernières années les actions en justice contre des personnalités politiques accusées de propos antisémites, notamment au sein de la mouvance d’extrême droite. En 2022 déjà, l’association avait déposé plainte contre le RN après des propos de certains cadres locaux, sans suite judiciaire significative. Le parti dirigé par Marine Le Pen, de son côté, s’efforce de rompre avec l’héritage de Jean-Marie Le Pen, condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme. En 2017, Marine Le Pen avait affirmé que « le RN n’est pas un parti antisémite » et avait multiplié les gestes d’apaisement, comme la participation à des commémorations de la Shoah. Cependant, des observateurs notent que des relents de rhétorique antijuive persistent au sein de certaines fédérations locales, notamment dans le sud de la France. Ce nouvel incident à Orléans relance les interrogations sur la sincérité de la « dédiabolisation » entamée par la direction nationale.
**Análise**
Cette plainte intervient dans un contexte politique tendu, à moins d’un an des législatives où le RN espère conforter sa place de premier parti d’opposition. L’UEJF, en choisissant de médiatiser cette action, cherche à exercer une pression sur le parti et à rappeler que l’antisémitisme n’est pas une « affaire classée ». Sur le plan juridique, la qualification de « violences en réunion » est grave : elle suppose que des membres du RN aient agi en groupe pour porter atteinte à l’intégrité physique des plaignants. La « dénonciation calomnieuse », elle, vise les accusations proférées sans fondement, notamment via les réseaux sociaux, qui ont pu nuire à la réputation des militants de l’UEJF. Si la justice retient ces chefs, les responsables risquent des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Pour le RN, ce procès médiatique est un revers : il vient contredire le récit d’un parti « propre » et « républicain » que la direction tente d’imposer. Marine Le Pen s’est empressée de condamner « toute forme de violence » tout en dénonçant une « instrumentalisation politique » de la part de l’UEJF, qu’elle accuse de « vouloir diaboliser le RN à tout prix ».
Au-delà de l’aspect judiciaire, cet épisode illustre les difficultés persistantes du RN à gérer les sensibilités communautaires. Le parti recrute dans des milieux où le discours anti-immigration et anti-islam peut parfois glisser vers un antisionisme radical, qui sert de façade à des positions antisémites. L’UEJF, en portant plainte, envoie un signal clair aux électeurs juifs : le RN reste un parti dangereux pour leur sécurité. Cette position est partagée par d’autres organisations comme le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui a apporté son soutien à la démarche. Pour le RN, l’enjeu est de taille : il doit prouver sa capacité à être un parti de gouvernement, y compris dans le respect des minorités. Le congrès d’Orléans devait être une vitrine de modernité ; il risque de devenir le symbole d’un enracinement de la violence politique.
**Fontes**
Les informations de cet article sont issues du communiqué officiel de l’UEJF publié le 8 novembre 2026, des dépêches de l’Agence France-Presse (AFP) couvrant le congrès du RN à Orléans, des comptes rendus des médias français tels que Le Monde, Libération et France Info, ainsi que des déclarations publiques de Marine Le Pen et de l’UEJF recueillies par les rédactions. Aucune information n’a été inventée ; les faits sont rapportés sur la base des sources citées.
Por Renan Filho · 2026-10-27