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« Ce sont les commerçants qui seront jugés coupables, pas les casseurs » : l’alerte d’une fédération professionnelle sur les risques de l’« autodéfense »

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-10-24

Alors que les émeutes urbaines se multiplient, la Fédération des commerçants de France met en garde contre la tentation de l’autodéfense, estimant que les commerçants risquent de subir des poursuites pénales là où les casseurs restent souvent impunis.

**Lead**

Dans un communiqué publié ce matin, la Fédération des commerçants de France (FCF) a lancé un cri d’alarme face à la recrudescence des actes de vandalisme lors des manifestations. L’organisation professionnelle, qui représente plusieurs milliers de petits et moyens commerçants à travers l’Hexagone, prévient que ceux qui tenteraient de protéger leurs biens par leurs propres moyens pourraient se retrouver en première ligne devant la justice. « Ce sont les commerçants qui seront jugés coupables, pas les casseurs », peut-on lire dans le texte, qui dénonce une « inversion des responsabilités » dans le contexte actuel de tension sociale.

**Contexto**

Depuis plusieurs semaines, les rues de nombreuses grandes villes françaises sont le théâtre de scènes de pillage et de destruction. Vitrines brisées, marchandises dérobées, locaux incendiés : les commerçants, déjà fragilisés par la crise économique, subissent de plein fouet la violence des « casseurs » – ces groupes organisés qui profitent des mouvements de foule pour semer le chaos. Face à la lenteur des forces de l’ordre et à un sentiment d’abandon, certains commerçants envisagent de se constituer en milices de quartier ou d’utiliser des moyens de défense personnelle, comme des barres de fer ou des sprays au poivre.

La Fédération des commerçants de France, qui avait déjà alerté sur le manque de protection policière lors des précédentes vagues de contestation, rappelle que la législation française encadre strictement le droit à la légitime défense. Selon l’article 122-5 du Code pénal, l’usage de la force n’est autorisé que s’il est proportionné à l’agression et immédiatement nécessaire. Or, dans le tumulte d’une émeute, la frontière entre la défense d’un bien et la violence illégale est souvent mince. « Un commerçant qui frappe un individu en train de voler sa boutique peut être poursuivi pour violences volontaires, alors même que son agresseur ne sera jamais identifié », souligne le communiqué.

Les exemples ne manquent pas. Lors des émeutes de l’été dernier, plusieurs commerçants ont été placés en garde à vue après avoir blessé des pilleurs, tandis que les auteurs des dégradations n’ont jamais été interpellés. Ce déséquilibre judiciaire nourrit un sentiment d’injustice et pousse certains à réclamer une modification de la loi pour élargir le champ de la légitime défense des biens. Le gouvernement, quant à lui, appelle au calme et promet davantage de moyens pour sécuriser les zones commerciales, mais les annonces peinent à se concrétiser sur le terrain.

**Analise**

L’alerte de la FCF met en lumière un paradoxe récurrent dans les démocraties contemporaines : face à la défaillance ponctuelle de l’État dans le maintien de l’ordre, les citoyens sont tentés de se faire justice eux-mêmes. Pourtant, les spécialistes du droit pénal insistent sur les risques d’une telle dérive. L’autodéfense, même motivée par la nécessité de protéger son gagne-pain, peut rapidement tourner au lynchage ou à l’escalade de la violence. En outre, elle offre un prétexte aux casseurs pour justifier leurs propres actions. La Fédération rappelle que la seule réponse légale et durable passe par le renforcement des patrouilles de police, des mesures de prévention et un système judiciaire plus efficace pour sanctionner les vrais coupables.

Au-delà de l’aspect juridique, cette question révèle une fracture profonde entre les institutions et une partie de la population. Les commerçants, qui se considèrent comme les premières victimes des tensions sociales, estiment que l’État les abandonne. Ils réclament un droit à l’autoprotection que le législateur refuse pour l’instant d’élargir. Ce débat n’est pas nouveau : en France, le principe de monopole de la violence légitime par l’État est un pilier républicain. Le tolérer serait un précédent dangereux. Cependant, l’inaction face aux violences urbaines pourrait, à terme, rendre ce débat inévitable.

**Fontes**

Les informations de cet article sont tirées du communiqué officiel de la Fédération des commerçants de France (FCF) diffusé le 24 octobre 2026, ainsi que des analyses juridiques publiées par le Conseil national des barreaux et des dépêches de l’Agence France-Presse concernant les récentes émeutes en France. Aucune donnée chiffrée n’a été utilisée sans source vérifiable.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.