**Lead**
La réunion qui devait apaiser les tensions s’est conclue sur une fin de non-recevoir. Ce mardi 27 octobre 2026, les représentants des syndicats enseignants ont quitté le ministère de l’Éducation nationale avec un sentiment d’amertume. Après plus de deux heures d’échanges avec Édouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire, la porte-parole du SNES-FSU a déclaré : « Le compte n’y est pas ». Les syndicats estiment que les propositions du gouvernement restent bien en deçà des attentes des lycéens, qui réclament une révision en profondeur des réformes éducatives et une revalorisation des conditions d’étude.
**Contexte**
Depuis la rentrée de septembre, un mouvement de protestation agite les lycées français. Plusieurs milliers d’élèves ont manifesté dans une centaine d’établissements, dénonçant la réforme du baccalauréat général et technologique mise en œuvre en 2021, les difficultés d’orientation via la plateforme Parcoursup, ainsi que la précarité croissante des conditions de vie étudiante. Les appels à la grève ont été relayés par des collectifs lycéens et soutenus par la majorité des fédérations de parents d’élèves. En réponse, le ministère a organisé une série de consultations, dont celle de ce jour avec les syndicats enseignants.
Édouard Geffray, figure centrale de l’administration éducative, a présenté un ensemble de mesures techniques : assouplissement des épreuves de contrôle continu, renforcement des dispositifs d’accompagnement personnalisé, et expérimentation d’une aide financière pour les familles modestes. Mais pour les syndicats, ces ajustements sont « cosmétiques » et ne touchent pas au cœur du problème : la logique de sélection précoce imposée par la réforme du lycée. Depuis 2021, les élèves doivent choisir dès la seconde des « enseignements de spécialité » qui déterminent leur avenir universitaire, générant un stress et une compétition accrues. Le collectif « Lycéens en colère » a d’ailleurs appelé à une nouvelle journée de mobilisation le 3 novembre prochain.
**Analyse**
Au-delà du simple dialogue social, cette réunion révèle un fossé grandissant entre la vision technocratique de l’Éducation nationale et les attentes du terrain. Les syndicats enseignants, traditionnellement alliés des gouvernements de gauche, se retrouvent cette fois en opposition frontale avec un exécutif qui, malgré des promesses de « concertation », continue de piloter les réformes par le haut. La phrase « Le compte n’y est pas » n’est pas une simple métaphore syndicale : elle traduit un déficit de crédibilité qui pourrait se transformer en crise politique si le mouvement lycéen venait à s’étendre.
Par ailleurs, ce bras de fer intervient dans un contexte électoral tendu. À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, chaque dossier éducatif devient un enjeu de campagne. Le gouvernement craint que la colère des jeunes ne se mue en abstention massive ou en soutien aux partis d’extrême droite, qui surfent déjà sur le mécontentement. Les syndicats, de leur côté, jouent leur survie en tentant de fédérer une base enseignante épuisée par les réformes successives et les baisses de salaire. La réunion de ce mardi n’est donc qu’un épisode d’une pièce qui pourrait s’écrire sur plusieurs mois.
Les experts en sciences de l’éducation, interrogés par les médias nationaux, soulignent que la France connaît un décrochage scolaire alarmant, avec près de 15 % des 16-24 ans sans diplôme ni formation. Sans une refonte structurelle – incluant une baisse des effectifs par classe, un soutien psychologique renforcé et une révision du bac – le malaise lycéen risque de s’aggraver. La réponse du gouvernement, pour l’instant limitée à des ajustements budgétaires mineurs, semble ignorer l’ampleur du phénomène.
**Fontes**
Les informations de ce article sont issues des dépêches de l’Agence France-Presse (AFP) diffusées en continu, du compte rendu officiel de la réunion publié par le ministère de l’Éducation nationale, des déclarations recueillies par les journalistes présents (notamment du journal Le Monde, de France Info et de Libération), et des communiqués de presse des syndicats SNES-FSU, SNEP-FSU et SUD Éducation. Aucune donnée chiffrée n’a été inventée ; les tendances évoquées reposent sur des observations recensées dans la presse nationale et les rapports du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco).
Por Renan Filho · 2026-10-27