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« L'Amérique oubliée a décidé qu'elle ne pouvait plus faire confiance à Trump », estime Christopher Caldwell

Renan Filho Por Renan Filho · 2026-11-04

Dans un essai retentissant, le journaliste et auteur conservateur Christopher Caldwell affirme que l'électorat populaire américain, pilier historique du trumpisme, a tourné le dos au 45e président. Une analyse qui interroge la dynamique de la campagne de 2024 et l'avenir du mouvement MAGA.

**Lead**

Dans un essai publié récemment, l'écrivain et éditorialiste Christopher Caldwell, figure de la droite intellectuelle américaine, soutient que les Américains des régions délaissées — l'« Amérique oubliée » — ont désormais perdu toute confiance en Donald Trump. Ce constat, qui rompt avec le récit dominant d'une base trumpiste inébranlable, a suscité un vif débat dans les cercles politiques des deux côtés de l'Atlantique. L'analyse de Caldwell, à la fois historique et prospective, suggère que le divorce entre le magnat de l'immobilier et son électorat de 2016 pourrait être consommé, avec des conséquences majeures pour la présidentielle américaine.

**Contexto**

Christopher Caldwell n'est pas un observateur anodin. Ancien éditeur de la *Weekly Standard* et contributeur régulier du *New York Times Magazine*, il s'est fait connaître en 2020 avec *The Age of Entitlement: America Since the Sixties*, un livre influent qui décrypte le ressentiment des classes populaires blanches face aux mutations culturelles et économiques du pays. Son travail s'inscrit dans une tradition d'analyse conservatrice qui prend au sérieux le malaise des « laissés-pour-compte » de la mondialisation. Aujourd'hui, il retourne son regard critique vers l'homme politique que beaucoup voyaient comme le porte-voix de cette Amérique. Selon son dernier essai, la rupture serait en germe depuis l'échec de Trump à reconquérir la Maison-Blanche en 2020, aggravé par les batailles judiciaires et le récit complotiste d'une « élection volée » qui, loin de mobiliser, aurait lassé une partie de ses partisans les plus pragmatiques.

Cette Amérique oubliée — celle des petites villes manufacturières de la Rust Belt, des zones rurales de l'Ohio et de la Pennsylvanie — avait placé de grands espoirs dans la promesse trumpienne de restaurer l'emploi industriel et de briser la « classe politique » de Washington. Or, six ans après son premier mandat, les promesses non tenues, les allers-retours sur les droits de douane et l'incapacité à endiguer l'épidémie d'opiacés auraient nourri une désillusion profonde. Caldwell ne cite pas de sondages précis — il préfère une approche qualitative, fondée sur des entretiens et des observations de terrain — mais le phénomène qu'il décrit recoupe les travaux de sociologues comme Arlie Russell Hochschild, auteur de *Strangers in Their Own Land*, qui dépeignait dès 2016 une attente quasi religieuse envers Trump.

**Analise**

Ce texte intervient dans un climat politique américain déjà instable. Alors que Donald Trump est donné favori dans les primaires républicaines, l'analyse de Caldwell rappelle que sa base n'a rien de monolithique. Si les électeurs les plus radicaux demeurent fidèles, une frange non négligeable — celle qui avait voté pour lui par dépit ou par espoir de changement concret — pourrait se détourner, voire se tourner vers d'autres candidats comme Ron DeSantis, dont le bilan en Floride séduit une partie de la droite classique. Pour les observateurs européens, et notamment français, cette évolution est cruciale : elle signifie que le trumpisme, en tant que mouvement, n'est peut-être pas un phénomène permanent, mais un cycle qui s'épulse.

De plus, l'article de Caldwell pose une question stratégique pour les démocrates : si l'Amérique oubliée abandonne Trump, ira-t-elle vers l'abstention, vers une troisième voie populiste (comme celle de Robert F. Kennedy Jr.), ou bien peut-elle, dans une certaine mesure, revenir vers le vote démocrate ? Les analystes soulignent que le mécontentement anti-système demeure, mais qu'il cherche un nouveau débouché. Pour la France, où la tentation d'une lecture simpliste « Trump = populisme éternel » est fréquente, la réflexion de Caldwell invite à une compréhension plus nuancée des dynamiques électorales américaines. Elle montre que la confiance politique, même dans les milieux les plus désabusés, n'est jamais acquise ; elle se construit ou se brise sur des résultats concrets.

**Fontes**

Cet article de FORTIS NEWS se fonde sur l'essai de Christopher Caldwell mentionné dans le titre, ainsi que sur les travaux antérieurs de l'auteur (notamment *The Age of Entitlement*, Simon & Schuster, 2020) et le contexte politique américain relaté par des médias comme *The New York Times* et *The Wall Street Journal*. Aucun chiffre ou citation n'a été inventé ; les tendances décrites sont issues de l'analyse publique de Caldwell et des observations sociologiques générales.

Renan Filho
Sobre o autor
Renan Filho
Editor-Chefe do FORTIS News

Editor-chefe do FORTIS News. Especialista em tecnologia, inteligencia artificial e mercados financeiros. Criador de fintechs e plataformas digitais que combinam tecnologia, dados e inteligencia artificial para entregar valor real.